Le gouvernement canadien a proposé mardi un projet de loi de grande envergure. Ce dernier vise à restreindre certaines demandes d’asile et aussi à donner davantage de pouvoir aux autorités pour interrompre le traitement des demandes d’immigration.
Dans un contexte où les demandes d’asile ont considérablement augmenté depuis l’application de nouvelles mesures sur l’immigration aux États-Unis, le Canada n’entende pas rester sans réagir. C’est dans ce contexte que le gouvernement canadien a proposé mardi un projet de loi visant à restreindre certaines demandes d’asile et à donner aux autorités davantage de pouvoir pour interrompre le traitement des demandes d’immigration.
Selon la ministre canadienne de l’immigration, Lena Diab, la loi sur les frontières renforcées vise non seulement à renforcer « l’intégrité » du système d’immigration du pays, mais aussi à freiner le crime organisé et le flux de drogues et d’armes illégales.
Il exigerait également que les personnes entrant au Canada en provenance des États-Unis en vertu de l’Entente sur les tiers pays sûrs déposent une demande au Canada dans les 14 jours pour qu’elle soit examinée.
À noter que l’Entente sur les tiers pays sûrs est un accord de longue date exigeant que les migrants demandent l’asile dans le premier pays « sûr » qu’ils atteignent, qu’il s’agisse des États-Unis ou du Canada.
D’après la responsable canadienne, le projet de loi fournirait plus de dispositions à la police pour pouvoir surveiller la frontière commune du Canada avec les États-Unis. Il pourrait aussi interdire aux personnes qui résident au Canada depuis plus d’un an de déposer une demande d’asile.
Il faut souligner que la proposition de ce projet de loi intervient dans un contexte de pression constante sur le Canada dans le sens où les États-Unis critiquent son voisin du Nord d’être trop complaisant dans la gestion de la frontière. Auparavant, le gouvernement canadien était favorable à l’accueil de nouveaux arrivants, un processus similaire à la politique de l’ancienne administration Biden-Harris qui consistait à créer des voies migratoires légales.
L’ancien gouvernement de Justin Trudeau favorisait cet ambitieux projet pour stimuler la croissance économique et superviser une forte augmentation du nombre de personnes entrant au Canada en tant que travailleurs temporaires et étudiants.
Alors que le Canada est actuellement confronté à des services publics sous tension et à une crise du logement, le pays connait également une augmentation des demandes d’asile, les demandeurs attendant jusqu’à deux ans pour que leur dossier soit examiné en raison de l’arriéré.
