Alors que la population haïtienne s’enfonce chaque jour davantage dans la misère, l’insécurité généralisée et l’abandon institutionnel, le ministère des Affaires étrangères, sous la direction de Jean-Victor Harvel Jean-Baptiste, semble évoluer dans une bulle diplomatique hors-sol. Ce mardi, lors de la 24e édition des “Mardis des Nations”, le ministre a présenté avec emphase les “grandes orientations” de la diplomatie haïtienne un exercice de communication bien rodé, mais totalement déconnecté des urgences nationales.
Le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), censé incarner une sortie de crise, continue de détruire les fondations du pays, sans résoudre quoi que ce soit. Et le MAEC, loin de défendre les intérêts des citoyens haïtiens, se contente de réciter des slogans creux et de multiplier les promesses sans impact réel.
Parmi les cinq axes stratégiques vantés par le ministre modernisation des services, image internationale, souveraineté, valeurs universelles, valorisation des produits haïtiens aucun ne répond aux besoins criants des Haïtiens confrontés à la violence, à la faim, à l’exil forcé, et à l’effondrement des institutions. Parler de “promotion d’une image positive d’Haïti” pendant que des familles fuient les gangs armés relève de l’indécence.
Même les initiatives présentées comme “concrètes”, telles que la formation de 82 candidats à un Master en diplomatie ou l’ouverture d’un bureau à Cap-Haïtien, apparaissent comme des distractions bureaucratiques. Elles ne changent rien à la réalité du terrain, où les citoyens attendent désespérément des actes forts, une protection réelle, et une diplomatie qui défend leurs droits, notamment à l’étranger.
Enfin, l’annonce d’une “Conférence nationale des ambassadeurs” à la demande du CPT illustre une fois de plus cette logique de façade : on organise, on discute, on planifie… mais on ne protège pas, on ne répare pas, on ne construit rien de tangible.
Ce ministère, à travers ses responsables, semble plus préoccupé par son image que par sa mission. Il ne défend pas ses compatriotes. Il accompagne un pouvoir de transition qui piétine les espoirs du peuple. Et pendant ce temps, Haïti s’effondre.