Une démocrate de premier plan au sein de la commission des relations étrangères du Sénat aux États-Unis a exhorté lundi le Secrétaire d’État Marco Rubio à donner la priorité à la crise haïtienne
La crise haitienne continue de préoccuper plus d’un dans un contexte où les autorités concernées appelées à la résoudre semblent dépassées. Alors que des responsables au niveau de la communauté internationale font pression pour appeler à une intervention dans la crise que traverse la nation des Caraïbes, ce lundi 12 mai 2025, la principale démocrate de la commission des relations étrangères du Sénat aux appelé le secrétaire d’État Marco Rubio à donner la priorité aux efforts américains pour faire face à la crise de la violence des gangs en Haïti.
Dans une correspondance adressée à Rubio, la sénatrice Jeanne Shaheen du New Hampshire a appelé au Secrétaire d’État américain qu’il devrait travailler de concert avec l’administration Trump en faveur d’une reconsidération de la restauration des coupes budgétaires. Elle a aussi demandé à ce que les États-Unis fassent pression pour obtenir des fonds pour soutenir la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MMS) qui peine à répondre efficacement aux exigences sécuritaires de l’heure.
Shaheen a aussi demandé dans la lettre de trois pages adressée au Secrétaire d’État américain que les États-Unis engagent davantage la Russie et la Chine dans des discussions de haut niveau pour jeter les bases d’une mission officielle de maintien de la paix des Nations Unies.
« En l’absence d’un leadership américain fort, Haïti est en passe de devenir un État en faillite envahi par des groupes criminels armés – une tragédie qui aggraverait une catastrophe humanitaire déjà désastreuse pour le peuple haïtien, produirait une urgence migratoire de masse avec d’énormes implications régionales et risquerait de consolider un centre transnational de criminalité et de trafic de drogue à quelques centaines de kilomètres des côtes américaines », a déclaré Shaheen, exposant ainsi ses préoccupations et ses recommandations à Rubio.
Il faut souligner que cette correspondance de la sénatrice intervient dans un contexte d’absence de politique américaine claire à l’égard d’Haïti, notamment suite au retour historique de Donald Trump à la Maison Blanche. La lettre intervient également à un moment où les violences perpétrées par les terroristes ont été intensifié dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince ainsi que dans d’autres villes de province, provoquant davantage de déplacés internes.
Il faut noter que malgré cette situation sécuritaire alarmante qui sévit dans la nation des Caraïbes, le financement de la Force Multinationale, appelée à soutenir la Police Nationale d’Haïti (PNH) dans la lutte contre l’insécurité persistante, est au point mort, alors que plusieurs pays de la région ont déjà suspendu leur déploiement promis. Une situation qui montre qu’aucune perspective de sortie de crise n’est en vue pour l’instant.
Dans sa correspondance, Shaheen a reconnu que malgré certains efforts louables des États-Unis et de la communauté internationale pour faire face à la situation — le leadership du Kenya sur la mission de sécurité et la création du Conseil présidentiel de transition — « ces efforts n’ont pas réussi à changer le statu quo et le peuple haïtien est dans une situation pire aujourd’hui qu’il y a un an. »
« L’administration devrait également élaborer des mesures concrètes pour évaluer… les progrès, augmenter le nombre de militaires dotés d’une expertise en contre-insurrection et garantir un personnel et un budget suffisants pour créer les douze bases opérationnelles établies dans le Concept d’opération de 2024 convenu par les États-Unis et le Kenya », a-t-elle déclaré.
Shaheen a aussi souligné l’importance un soutien politique, logistique et financier continu à la mission dirigée par le Kenya afin que celle-ci réponde aux attentes. La sénatrice démocrate très influente à la commission des relations étrangères a également soutenu que l’administration Trump doit procéder à des ajustements.