Port-au-Prince – Entre juin 2024 et février 2026, la ministre de la Planification et de la Coopération Externe, Ketleen Florestal, affirme avoir engagé un processus de redressement structurel au sein du Ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE), dans un contexte marqué par l’insécurité, la contraction budgétaire et l’affaiblissement de l’appareil administratif. Son bilan met en avant des réformes de gouvernance, une modernisation numérique progressive et une tentative de restauration de la crédibilité institutionnelle.
À sa prise de fonction en juin 2024, un diagnostic interne avait révélé d’importants dysfonctionnements administratifs et financiers : recrutements hors normes statutaires, absence de mécanisme d’audit interne, gestion inégalitaire des avantages sociaux et retards dans le traitement des dossiers liés au Programme d’Investissement Public (PIP). Le ministère faisait également face à un déficit de compétences techniques stratégiques, aggravé par le départ de cadres vers l’étranger, ainsi qu’à des systèmes d’information largement manuels et obsolètes.
Face à cette situation, la ministre Florestal a engagé, à partir d’octobre 2024, un ensemble de mesures dites « structurantes ». Parmi celles-ci figurent la standardisation des avantages sociaux, le conditionnement des promotions à des évaluations formelles, des actions contre l’absentéisme prolongé et le lancement d’un projet de modernisation institutionnelle. Sur le plan numérique, le MPCE a mis en ligne un site institutionnel, créé un registre électronique national des ONG et amorcé la digitalisation du PIP, incluant la gestion des demandes de décaissement. Le Module de Gestion de l’Aide Externe (MGAE) a également été réhabilité afin d’améliorer le suivi des financements internationaux.