En visite au Chili, le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé a rencontré la communauté haïtienne vivant dans ce pays d’Amérique du Sud, réaffirmant les priorités de son gouvernement : sécurité, relance économique et organisation d’élections crédibles. Mais au-delà des discours officiels, une question persiste au sein de la diaspora : les doléances répétées des Haïtiens de l’étranger seront-elles enfin suivies d’actions concrètes ?
Lors de cette rencontre organisée en marge de son déplacement, le chef du gouvernement, accompagné de la ministre des Affaires étrangères Raina Forbin, a présenté les efforts engagés par les autorités haïtiennes pour rétablir la sécurité sur le territoire national et créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections. Il a également évoqué les démarches en cours pour faciliter certaines procédures administratives, notamment celles liées aux documents officiels, dont le casier judiciaire, souvent nécessaires pour les Haïtiens vivant à l’étranger.
Toutefois, ces rencontres entre autorités haïtiennes et communautés de la diaspora ne sont pas nouvelles. Lors de nombreux déplacements officiels à l’étranger, les dirigeants haïtiens prennent l’habitude d’échanger avec leurs compatriotes, recueillant plaintes, préoccupations et recommandations. Mais, selon plusieurs membres de la diaspora, ces discussions débouchent rarement sur des changements tangibles. Les problèmes restent souvent les mêmes : difficultés pour obtenir un passeport, lenteurs administratives, services consulaires jugés inefficaces ou éloignés des réalités des communautés qu’ils sont censés servir.
Dans ce contexte, la rencontre au Chili ravive une interrogation récurrente : cette fois-ci, les autorités haïtiennes donneront-elles un véritable suivi aux préoccupations exprimées par la diaspora, ou ces échanges resteront-ils une nouvelle promesse sans lendemain pour des compatriotes qui réclament depuis longtemps des services consulaires dignes et efficaces ?