Washington – Le Département américain de la Sécurité intérieure (DHS) a déclenché une vive controverse mardi après la publication d’un message sur le réseau social X accusant l’administration de l’ancien président Joe Biden d’avoir permis l’entrée illégale massive de ressortissants haïtiens et facilité d’importants transferts financiers vers Haïti.
Dans ce message publié sur le compte officiel @DHSgov, l’agence affirme que « quatre années de frontières ouvertes sous l’administration Biden ont permis à 6% de tous les Haïtiens d’entrer illégalement aux États-Unis », ajoutant que ces migrants auraient envoyé 6,1 milliards de dollars vers Haïti, représentant environ 20% du produit intérieur brut du pays. « Les dollars américains ne doivent pas servir à subventionner des économies étrangères », indique encore le texte, qui souligne que sous le président Donald Trump et la secrétaire à la Sécurité intérieure, la priorité serait de « mettre la sécurité et la prospérité des Américains en premier ».
La publication, largement relayée en ligne, intervient dans un contexte de durcissement de la politique migratoire américaine. L’administration actuelle a intensifié les restrictions concernant des programmes ayant bénéficié à de nombreux Haïtiens, notamment le statut de protection temporaire (TPS) et le programme de libération conditionnelle humanitaire (CHNV), alors que plusieurs recours judiciaires contestent la fin de certaines protections.
Les réactions sur les réseaux sociaux ont été polarisées. Des partisans de la ligne « America First » ont salué la déclaration, estimant qu’elle met en lumière l’impact économique de l’immigration irrégulière. À l’inverse, des membres de la diaspora haïtienne et leurs soutiens ont dénoncé une présentation « trompeuse » des transferts de fonds, rappelant que les remises migratoires sont des fonds privés envoyés par des travailleurs qui paient des impôts et contribuent à des secteurs clés de l’économie américaine, tels que la santé, la construction ou les services.
Selon la Banque mondiale et d’autres institutions financières internationales, les transferts de fonds constituent l’un des piliers de l’économie haïtienne, dans un pays confronté à une grave crise sécuritaire et humanitaire. Les critiques soulignent que ces envois soutiennent principalement des familles vulnérables confrontées à la violence des gangs, à l’effondrement des services publics et à l’insécurité alimentaire.
Le débat intervient à l’approche d’échéances politiques majeures aux États-Unis, où l’immigration reste un thème central de confrontation entre démocrates et républicains.