Port-au-Prince, 13 août 2026 (Presslakay) — La Force de répression des gangs (FRG) a annoncé l’installation d’un contingent sri-lankais dans le département de l’Artibonite, renforçant ainsi son dispositif opérationnel en dehors de la région métropolitaine de Port-au-Prince, alors que les groupes armés continuent d’exercer une forte pression sur plusieurs axes stratégiques du pays.
L’arrivée de ce contingent doit contribuer au renforcement des opérations de sécurité dans l’Artibonite, département durement touché par l’expansion des groupes armés ces dernières années. Le contingent, accompagné d’équipements tactiques et d’engins lourds, a débarqué au port des Gonaïves. Plusieurs axes routiers, zones agricoles et localités de la région ont été affectés par des attaques, des extorsions et des restrictions de circulation imposées par les gangs.
L’Artibonite constitue notamment un enjeu stratégique pour les autorités en raison de son importance agricole et de sa position sur la route nationale numéro 1, qui assure une partie essentielle des échanges entre Port-au-Prince et les départements du Nord.
L’installation des forces sri-lankaises marque une nouvelle étape dans l’élargissement territorial du dispositif international chargé d’appuyer les forces de sécurité haïtiennes. Jusqu’ici, une grande partie des moyens déployés contre les groupes armés était concentrée dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.
La FRG doit travailler en coordination avec la Police nationale d’Haïti (PNH) et les Forces armées d’Haïti (FAd’H), qui mènent régulièrement des opérations dans plusieurs zones contrôlées ou menacées par les gangs.
Les effectifs exacts du contingent sri-lankais installé dans l’Artibonite, sa base d’opérations ainsi que le calendrier de ses premières interventions n’ont toutefois pas été précisés dans les informations disponibles.
Un déploiement sous surveillance
La participation du Sri Lanka aux opérations internationales en Haïti reste par ailleurs un sujet sensible. Colombo prévoit à terme le déploiement d’un total de 1 132 personnels, issus de l’armée sri-lankaise et de la Police Special Task Force, ce qui en ferait le plus important déploiement extérieur de forces sri-lankaises à ce jour.
Des organisations de défense des droits humains ont exprimé des réserves concernant le retour de forces sri-lankaises dans le pays, rappelant les accusations d’exploitation et d’abus sexuels ayant visé des membres d’un ancien contingent sri-lankais déployé dans le cadre de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH). En juillet 2026, Amnesty International a appelé à des garanties claires de reddition de comptes avant ce nouveau déploiement.
Cette question pourrait placer les mécanismes de contrôle, de discipline et de protection des populations civiles au centre de l’attention lors du nouveau déploiement.
Sur le terrain, les attentes restent importantes. L’Artibonite est confronté à l’activité de plusieurs groupes armés qui ont progressivement étendu leur influence sur des localités et des corridors économiques, provoquant déplacements de population et perturbations des activités commerciales et agricoles.
Le déploiement du contingent sri-lankais sera donc particulièrement observé afin de déterminer s’il permet à la FRG et aux forces haïtiennes d’accroître leur présence sur les principaux axes, de sécuriser les communautés menacées et, à terme, de reprendre durablement des territoires aux groupes armés.
Les premières opérations conjointes impliquant le contingent sri-lankais devraient également donner une indication sur la stratégie que la FRG entend appliquer dans l’Artibonite.
La Rédaction de Presslakay