Dans le cadre de l’affaire concernant l’assassinat du feu président Jovenel Moïse, l’un des principaux accusés a confirmé ce lundi qu’il a eu des échanges téléphoniques avec l’ex Premier ministre, Ariel Henry, le jour même du crime.
Encore une fois, plusieurs personnes accusées dans le dossier de meurtre sur la personne du feu président Jovenel Moïse sont apparues, ce lundi 10 mars 2025, devant la Cour d’appel de Port-au-Prince. Parmi les accusés, l’ancien maire de Jacmel, Macky Kessa ; les 17 anciens militaires colombiens, toujours emprisonnés ; et Joseph Félix Badio, considéré comme l’un des principaux auteurs du crime, ont répondu aux questions du magistrat instructeur lors d’une audience plénière.
Cet après-midi, c’était donc l’occasion pour les accusés de répondre de certains faits et rumeurs entourant l’acte magnicide. Dans la foulée, la question des prétendus liens téléphoniques le jour même du crime entre celui à l’époque qui allait devenir le Premier ministre, Ariel Henry, et l’un des principaux auteurs du crime, Félix Badio, a occupé longuement la séance.
Alors que l’ancien chef du gouvernement avait catégoriquement nié avoir eu des échanges téléphoniques avec Badio, dans la nuit du 7 février 2021, ce dernier a confirmé devant le magistrat qu’il en a bel et bien eu avec l’ex locataire de la Primature le jour même de l’assassinat du Président Moïse.
Cependant, Badio, arrêté le 19 octobre 2023, à Pétion-Ville, n’a pas voulu donner les vraies raisons des appels téléphoniques avec Dr Henry. Il a toutefois martelé que lui-même a appelé celui qui allait devenir le prochain locataire de la Primature pour informer s’il était en sécurité.
« Mon portable est là, et on peut, si ont veut, récupérer l’historique des appels », a fait savoir l’ancien membre de Cabinet de l’ex-Ministre de la Justice, Me Rockfeller VINCENT.
Ces allégations ont longtemps fait l’objet de controverses entre les partisans du feu président qui réclament justice ; et les alliés de l’ancien chef du gouvernement au point où ce dernier a été auditionné à son domicile par le juge qui instruisait à l’époque l’affaire, Me. Walter Wesser Voltaire. Dans son ordonnance rendue plusieurs mois après, le magistrat avait blanchi le neurochirurgien, et condamné à la même occasion, la femme du feu président, Martine Moïse, blessée lors de l’acte magnicide.
À noter que cela fait 44 mois depuis que l’ancien Président Jovenel Moïse a été assassiné à son domicile, à Pèlerin 5, commune de Pétion-Ville, alors qu’il était encore en fonction. Si sa femme, Martine Moïse, ses partisans continent de réclamer justice l’affaire peine à avancer au niveau de la justice haïtienne. Les auteurs intellectuels ne sont toujours pas connus. L’ancien chef de l’État haïtien obtiendra -t-il justice ?
La question se pose, les gens s’interrogent, mais nul n’est en mesure d’y répondre. Ce que l’on sait dans ce pays où maintes crimes restent impunis on est encore loin de la vérité dans cette affaire de meurtre sur un président en fonction.