Port-au-Prince, 21 juillet 2026 (Presslakay) — Le mouvement citoyen Nou Bouke a vivement critiqué mardi l’intervention de la ministre haïtienne des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, l’accusant de présenter une image déconnectée de la réalité sécuritaire du pays et exigeant sa démission.
Devant le Conseil de sécurité réuni lundi à New York pour sa 10 198e séance consacrée à Haïti, Mme Forbin avait affirmé que le pays est aujourd’hui « plus près qu’elle ne l’a été depuis des années » de rétablir la sécurité et d’organiser des élections libres et crédibles, indiquant que deux des trois principales étapes du processus électoral étaient achevées et plaidant pour le renouvellement du mandat de la Force de répression des gangs (FRG).
Dans une note de presse publiée à Paris, Nou Bouke oppose à ce constat les données les plus récentes des Nations unies : selon le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), au moins 1 642 personnes ont été tuées et 745 blessées au premier trimestre 2026, tandis que l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) évoque environ 1,5 million de déplacés internes. Le mouvement cite également les attaques armées survenues début juillet à Kenscoff, qu’il chiffre à 262 morts et 66 blessés ; les rapports de l’OIM et du BINUH sur cette même période font pour leur part état d’au moins 61 morts, dont 14 enfants, et de près de 5 840 personnes déplacées entre le 4 et le 9 juillet.
Nou Bouke rappelle par ailleurs la fermeture prolongée de l’aéroport international Toussaint Louverture pour raisons d’insécurité, ainsi que la poursuite des expulsions d’Haïtiens et la remise en cause du statut de protection temporaire (TPS) aux États-Unis, qu’il présente comme des échecs de la diplomatie haïtienne à défendre les intérêts de la diaspora.
« Une ministre qui choisit le mensonge, la manipulation et le mépris envers le peuple haïtien et sa diaspora ne peut plus représenter dignement la République d’Haïti sur la scène internationale », affirme le mouvement dans son communiqué, signé par ses coordonnateurs Farah Maitre et Moïse Eugène, qui réclament la démission immédiate de Mme Forbin.
Contactée, la ministre des Affaires étrangères n’avait pas réagi dans l’immédiat à ces accusations.