Port-au-Prince, 18 août 2026 (Presslakay) — Le Japon et l’Organisation des États américains (OEA) ont signé mardi un accord prévoyant une subvention de 3 millions de dollars américains destinée à renforcer le système d’identification en Haïti et à faciliter l’enregistrement des électeurs, à moins de quatre mois du premier tour des élections générales prévu le 13 décembre — les premières élections générales organisées dans le pays depuis plus d’une décennie.
L’accord doit notamment permettre l’acquisition de 350 000 cartes d’identification biométriques vierges et l’actualisation des listes électorales, selon l’OEA.
Le programme prévoit également un soutien aux unités mobiles de l’Office national d’identification (ONI), afin d’étendre les services d’identification aux populations vivant dans des zones éloignées ou particulièrement vulnérables.
Les fonds doivent aussi contribuer à réduire les retards dans la délivrance des documents d’identité, à renforcer les capacités institutionnelles et à améliorer l’alimentation électrique et la connexion internet de certains bureaux décentralisés.
L’identification, un défi majeur
Cette assistance intervient dans un contexte particulièrement difficile. La violence des groupes armés a entraîné le déplacement d’un nombre record de quelque 1,5 million de personnes à travers le pays, compliquant davantage l’identification des citoyens et l’actualisation du registre électoral. De nombreuses personnes déplacées ont dû abandonner précipitamment leur domicile sous la menace d’hommes armés, parfois sans leurs documents personnels.
Le mois dernier, le gouvernement haïtien a entamé l’inscription des électeurs à Port-au-Prince, une ville dont environ 70 % du territoire est sous le contrôle de groupes armés. Le déploiement d’unités mobiles doit permettre aux autorités d’atteindre une partie de la population déplacée et d’améliorer son accès aux services d’identification.
La possession d’une carte d’identification nationale représente par ailleurs un enjeu dépassant le seul cadre électoral, puisqu’elle est nécessaire pour accéder à plusieurs services administratifs et exercer différents droits.
Les élections prévues le 13 décembre
Le premier tour des élections présidentielle et législatives est actuellement fixé au 13 décembre 2026, une étape considérée comme essentielle au rétablissement d’institutions issues du suffrage universel après plusieurs années de transition politique. Des experts estiment toutefois que la persistance de la violence des gangs pourrait entraîner un nouveau report de la date.
Haïti n’a plus de président élu depuis l’assassinat de Jovenel Moïse en juillet 2021, tandis que le pays fonctionne depuis plusieurs années sans Parlement élu.
La préparation du scrutin reste confrontée à un obstacle majeur : l’insécurité. La présence de groupes armés dans plusieurs régions du pays, particulièrement dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, complique l’enregistrement des électeurs, la circulation du personnel et du matériel électoral ainsi que la possibilité d’installer des centres de vote dans certaines zones.
Un financement concret pour le processus électoral
L’accord intervient alors qu’une mission internationale de haut niveau conduite par le secrétaire général de l’OEA, Albert Ramdin, séjourne en Haïti pour des discussions consacrées notamment à la sécurité, à la gouvernance, aux élections et à la coopération internationale.
L’enveloppe de 3 millions de dollars constitue ainsi un appui financier concret à certains des besoins techniques du processus électoral. La fourniture annoncée de 350 000 cartes biométriques vierges devrait notamment renforcer la capacité de l’ONI à produire des documents pour les citoyens qui n’en disposent pas encore ou qui doivent remplacer une carte perdue.
Le programme ne règle cependant pas la question centrale de la sécurité, dont dépendra largement la possibilité d’organiser le scrutin sur l’ensemble du territoire.
À moins de quatre mois du rendez-vous électoral annoncé, la livraison des cartes, le déploiement des unités mobiles de l’ONI, l’actualisation du registre électoral et surtout l’évolution de la situation sécuritaire constitueront des éléments déterminants pour évaluer la capacité des autorités à respecter la date du 13 décembre 2026.