Peuple haïtien, jusqu’à quand allons-nous accepter l’inacceptable ? Jusqu’à quand allons-nous regarder notre pays mourir sans nous lever ? Jusqu’à quand laisserons-nous d’autres décider de notre destin ?
Et si l’on nous prenait réellement pour des imbéciles ?
Cette question dérange. Elle choque. Pourtant, elle mérite d’être posée.
Parce que tout porte à croire que le peuple haïtien est devenu le grand perdant d’un système où chacun trouve son intérêt… sauf lui.
Les gangs prospèrent grâce à notre malheur.
Des politiciens vivent de nos souffrances.
Des organisations dites de défense des droits humains bâtissent leur réputation internationale sur nos tragédies.
Une partie de la communauté internationale continue d’imposer son agenda au nom de la stabilité.
Pendant ce temps, le peuple continue d’enterrer ses morts, de fuir ses quartiers, de quitter son pays ou de survivre dans une misère insoutenable.
Un État qui ne protège plus son peuple perd sa raison d’être
Pourquoi avons-nous un gouvernement si nos enfants ne peuvent pas aller à l’école en sécurité ?
Pourquoi avons-nous des ministres si les hôpitaux sont incapables d’offrir des soins dignes ?
Pourquoi avons-nous des institutions publiques si elles ne servent plus les citoyens ?
Pourquoi payons-nous des impôts lorsque les routes s’effondrent, que les services disparaissent et que l’insécurité devient la seule autorité reconnue dans plusieurs régions du pays ?
Un État qui ne garantit ni la sécurité, ni l’éducation, ni la santé, ni l’emploi trahit sa mission fondamentale.
Le peuple n’a pas été créé pour servir le pouvoir.
C’est le pouvoir qui existe pour servir le peuple.
Les gangs ne détruisent pas seulement des maisons. Ils détruisent une nation.
Chaque quartier abandonné.
Chaque famille déplacée.
Chaque commerce fermé.
Chaque entreprise qui quitte le pays.
Chaque jeune qui choisit l’exil plutôt que l’avenir.
Voilà les véritables victoires des groupes armés.
Ils ne volent pas uniquement des biens.
Ils volent l’espérance.
Ils détruisent les investissements.
Ils paralysent l’économie.
Ils condamnent des milliers de familles à vivre dans des camps où l’eau potable, les toilettes, les soins médicaux et la dignité humaine deviennent des luxes.
Voilà le véritable visage de cette guerre.
Pendant que le peuple souffre, certains s’enrichissent
Chaque crise produit ses bénéficiaires.
Le chaos est devenu un marché.
Le malheur est devenu une industrie.
Plus le pays souffre, plus certains récoltent des financements, des contrats, des privilèges ou du pouvoir.
Pendant que les Haïtiens perdent leurs maisons…
D’autres gagnent des millions.
Pendant que les jeunes fuient le pays…
D’autres négocient leur avenir dans des bureaux climatisés.
Pendant que les familles vivent sous des bâches…
Les discours continuent.
Les conférences continuent.
Les promesses continuent.
Mais les résultats n’arrivent jamais.
Honneur aux policiers qui se battent… mais tolérance zéro pour les complices
Il serait profondément injuste de mettre tous les policiers dans le même panier.
Chaque jour, des femmes et des hommes en uniforme donnent leur vie pour défendre la République.
Ils tombent sous les balles.
Ils laissent derrière eux des enfants, des parents, des épouses.
Ils méritent le respect de toute la nation.
Mais il serait tout aussi irresponsable d’ignorer qu’il existe parfois des complicités criminelles au sein des institutions.
Chaque policier qui protège un gang trahit le sacrifice de ceux qui meurent pour sauver le pays.
Chaque fonctionnaire corrompu devient une arme contre la nation.
Haïti ne peut pas être gouvernée depuis les ambassades
Une nation souveraine doit décider de son avenir.
Les partenaires internationaux peuvent accompagner.
Ils ne devraient pas remplacer la volonté populaire.
L’avenir d’Haïti appartient d’abord aux Haïtiens.
Aucun peuple ne construit durablement son avenir lorsque les décisions essentielles semblent venir de l’extérieur plutôt que de ses propres institutions légitimes.
La souveraineté n’est pas un slogan.
C’est une responsabilité collective.
La diaspora approche d’un tournant historique
Pendant des années, la diaspora a maintenu Haïti debout.
Elle nourrit des familles.
Elle construit des maisons.
Elle finance des écoles.
Elle soutient des entreprises.
Elle envoie chaque année des milliards de dollars.
Mais aujourd’hui, beaucoup de compatriotes vivant à l’étranger traversent eux-mêmes une période d’incertitude.
Des milliers de familles risquent de perdre leur stabilité économique.
Si cette bouée de sauvetage venait à s’affaiblir, Haïti ferait face à une nouvelle crise d’une ampleur considérable.
Il est temps d’anticiper.
Il est temps de reconstruire notre économie au lieu de dépendre uniquement des transferts de notre diaspora.
Le réveil doit venir du peuple
Aucun sauveur ne viendra.
Aucun miracle politique ne résoudra nos problèmes à notre place.
Le changement commence lorsque le peuple refuse d’être manipulé.
Lorsque le citoyen exige des comptes.
Lorsque les institutions servent enfin la nation plutôt que des intérêts particuliers.
Notre devise nationale n’est pas un simple symbole.
L’Union fait la Force.
Il est peut-être temps de lui redonner tout son sens.
Debout, Haïti !
Peuple haïtien,
Notre pays vaut mieux que cette violence.
Notre histoire vaut mieux que cette humiliation.
Nos ancêtres n’ont pas conquis notre liberté pour que nous devenions prisonniers de la peur, de la corruption et du désespoir.
Le temps est venu d’ouvrir les yeux.
Le temps est venu de défendre nos institutions.
Le temps est venu de protéger notre souveraineté.
Le temps est venu de reprendre notre destin en main.
Haïti n’appartient ni aux gangs.
Ni aux trafiquants.
Ni aux corrompus.
Ni aux puissances étrangères.
Haïti appartient aux Haïtiens.
Que chacun fasse son examen de conscience.
Que chacun assume sa responsabilité.
Que chacun décide enfin de quel côté de l’Histoire il veut se tenir.
Vive Haïti !
Vive le peuple haïtien !
Vive notre souveraineté nationale !
Robenson Brutus, citoyen haïtien
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