PORT-AU-PRINCE, 20 août 2026 (Presslakay) — Le Conseil électoral provisoire (CEP) a procédé mercredi au tirage au sort des numéros de campagne attribués à 105 formations politiques, une nouvelle étape dans les préparatifs des élections générales dont le premier tour est prévu le 13 décembre, alors que s’ouvre désormais la période d’inscription des candidats.
Au total, 88 partis politiques et 17 groupements politiques ont participé à cette opération organisée le 19 août, en présence de représentants des formations concernées, de partenaires nationaux et internationaux ainsi que de membres de la presse.
Les numéros attribués doivent permettre d’identifier les différentes structures politiques durant la suite du processus électoral et la campagne.
L’opération marque le passage vers une phase plus décisive du calendrier : à partir de ce jeudi 20 août, les formations politiques peuvent engager les procédures d’inscription de leurs candidats aux différents postes électifs concernés.
La bataille des candidatures commence
L’ouverture des inscriptions devrait progressivement permettre de connaître la configuration réelle de la compétition électorale, notamment les prétendants à la présidence et aux sièges du Parlement.
Selon le calendrier électoral, la période consacrée aux candidatures doit s’étendre jusqu’au 2 octobre 2026.
Le CEP devra ensuite gérer une étape particulièrement sensible : l’examen des dossiers et les éventuelles contestations portant sur l’éligibilité de certains candidats.
La question a également été évoquée cette semaine par le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Albert Ramdin, à l’issue d’une mission de haut niveau en Haïti. Il a appelé à ce que les préoccupations concernant l’éligibilité de candidats, notamment en cas de soupçons de liens avec des activités illicites, soient examinées de manière transparente et conformément au droit haïtien.
Un premier tour prévu le 13 décembre
Le premier tour des élections présidentielle et législatives reste fixé au 13 décembre 2026, tandis qu’un éventuel second tour ainsi que les élections territoriales sont prévus le 21 février 2027.
Ce calendrier représente une étape majeure pour Haïti, privé depuis plusieurs années d’institutions nationales issues d’élections.
Mais sa mise en œuvre demeure confrontée à d’importants obstacles, au premier rang desquels figure l’insécurité. Des groupes armés contrôlent ou contestent encore plusieurs territoires, notamment dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, compliquant les déplacements, l’enregistrement des citoyens et la préparation logistique du scrutin.
La sécurisation des centres de vote, l’acheminement du matériel électoral et la possibilité pour les candidats de faire campagne dans différentes régions constituent également des défis importants.
Une course contre la montre
Les autorités électorales doivent parallèlement poursuivre les opérations d’identification et d’enregistrement des citoyens afin de disposer de listes électorales permettant l’organisation du scrutin.
L’OEA a appelé cette semaine à une accélération de ces opérations, considérant que le temps disponible avant le rendez-vous du 13 décembre se réduit rapidement.
Avec l’attribution des numéros de campagne aux 105 partis et groupements agréés et l’ouverture des candidatures, le processus électoral entre donc dans une phase où les intentions politiques devront progressivement se transformer en candidatures formelles.
Les prochaines semaines seront déterminantes pour connaître le nombre de candidats à la présidence, les principales alliances politiques, les dossiers éventuellement rejetés ou contestés et la capacité du CEP à maintenir son calendrier malgré les contraintes sécuritaires et logistiques.