Le gouvernement haïtien, à travers le Ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST), a lancé vendredi 20 mars 2026 la deuxième phase du Dispositif National de Stage obligatoire pour l’Insertion Socio-Professionnelle des Jeunes Diplômés (DNSOIJED). Présenté comme un levier d’intégration des jeunes sur le marché de l’emploi, ce programme ambitionne de créer plus de 20 000 places de stage en cinq ans, avec une enveloppe publique de 50 millions de gourdes inscrite au budget 2025-2026.
Réuni à l’hôtel Montana pour marquer le démarrage de cette nouvelle étape, le ministre des Affaires sociales et du Travail, Marc-Elie Nelson, a défendu l’institutionnalisation du stage professionnel comme un outil structurant d’insertion pour les jeunes diplômés. Selon lui, l’objectif est d’offrir à cette frange de la population une première expérience professionnelle encadrée, capable de faciliter leur transition vers l’emploi formel. Le titulaire du MAST a souligné que cette initiative s’inscrit dans une vision publique plus large visant à mieux valoriser le capital humain et à répondre de manière concrète au chômage des jeunes.
Le ministre a mis en avant les premiers résultats obtenus depuis le lancement du programme, le 23 mai 2025. D’après les chiffres communiqués, plus de 30 % des stagiaires issus de cette première cohorte ont déjà été intégrés dans des institutions publiques telles que l’ONA, l’OFATMA, l’EPPLS, le MAST, le FAES et l’IBESR. Pour Marc-Elie Nelson, ces résultats démontrent que lorsque des opportunités réelles sont offertes, la jeunesse haïtienne est en mesure de répondre avec rigueur, compétence et discipline. Il a également rappelé que, durant la phase pilote de l’exercice 2024-2025, plus d’une soixantaine de jeunes diplômés avaient été placés en stage, dont près d’un tiers ont par la suite décroché un emploi dans le secteur public.
Pour l’exercice en cours, le DNSOIJED prévoit d’accueillir environ 500 jeunes diplômés, avec une prise en charge financière assurée par le MAST grâce à l’allocation budgétaire de 50 millions de gourdes accordée par le Trésor public. À plus long terme, le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé veut faire de ce mécanisme une réponse durable à la marginalisation professionnelle des jeunes. Le ministre Nelson a ainsi lancé un appel appuyé au secteur privé, aux institutions publiques, aux universités ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers pour s’associer activement à la mise en œuvre du dispositif.
En cherchant à transformer le stage en passerelle institutionnelle vers l’emploi, le gouvernement entend placer les jeunes diplômés au cœur des priorités nationales. Reste désormais à savoir si cette ambition pourra se traduire, au-delà des annonces, par une véritable dynamique d’embauche et par un accès équitable aux opportunités sur l’ensemble du territoire.