Malgré les menaces du président américain élu, Donald Trump, de suspendre le Humanitarian Parole Application, communément appelé “Programme Biden”, le programme de libération conditionnelle se poursuit pour les Haïtiens, les Cubains, les Vénézuéliens et les Nicaraguayens.
Si le prochain locataire de la Maison Blanche, qui entend suspendre avec effet immédiat le Humanitarian Parole Application, prendra ses fonctions le 20 janvier prochain, ce programme permettant à des dizaines de milliers d’Haïtiens, de Cubains, de Vénézuéliens et de Nicaraguayens d’entrer légalement aux États-Unis, se poursuivra au grand plaisir des demandeurs d’asile. C’est ce qu’a assuré le Département de la Sécurité Intérieur qui a aussi soutenu la poursuite des opérations pour ceux arrivant à la frontière entre les États-Unis et le Mexique.
Le Département de la Sécurité Intérieur a expliqué que les deux programmes utilisent une application mobile des douanes et de la protection des frontières des États-Unis, CBP One, que les responsables de l’administration ont présentée mardi comme contribuant à réduire les passages illégaux à la frontière.
« Nous n’avons apporté aucun changement au processus CBP One ni au programme de libération conditionnelle pour Cuba, Haïti, le Nicaragua et le Venezuela, connu sous le nom de CHNV, au cours des deux derniers mois.», déclaré un responsable de la sécurité intérieure.
« Nous continuons à programmer des rendez-vous CBP One, généralement programmés 21 jours à l’avance », a déclaré le responsable. « Nous pensons que cela fait partie intégrante de notre travail global et a contribué à réduire le nombre de passages à la frontière à ce niveau bas. » a-t-il ajouté.
Les deux programmes de libération conditionnelle qui favorisent l’entrée de manière légale sur le territoire américain par des migrants sont davantage dans la ligne de mire du président américain élu, Donald Trump, qui prendra prochainement ses fonctions. D’ailleurs, le républicain avait fait de la question migratoire le principal thème de sa campagne électorale en annonçant une déportation massive de migrants.
Bien que les militants de l’immigration aux États-Unis reconnaissent qu’ils ne savent pas encore quels programmes Trump compte supprimer, ils anticipent des changements dans celui destiné aux réfugiés et pour des raisons humanitaires, mais aussi et surtout le processus de libération conditionnelle pour les Cubains, les Haïtiens, les Nicaraguayens et les Vénézuéliens.
« Nous partons du principe que le CHNV sera suspendu et éliminé dès le premier jour », a déclaré un défenseur des réfugiés qui requiert l’anonymat pour parler franchement des changements à venir dans la politique migratoire américaine, et de l’incertitude à laquelle de nombreux migrants seront désormais confrontés avec celle-ci sous l’ère Trump.
« Nous ne savons pas exactement à quoi cela ressemblera. » a-t-il insisté.
Une situation qui inquiète davantage au point où des défenseurs de l’immigration encouragent les bénéficiaires de programmes de rechercher d’autres protections en matière d’immigration, comme le statut de protection temporaire (TPS) si elles remplissent les conditions requises, et/ou de demander l’asile plutôt que de risquer de se retrouver sans statut légal aux États-Unis.
Le programme Biden, mis sur pied en octobre 2023, et destiné aux Haïtiens, aux Cubains, aux Nicaraguayens et aux Vénézuéliens s’inspire du programme destiné aux citoyens ukrainiens, lancé en avril 2022 et qui a depuis permis à plus de 187 000 Ukrainiens de s’installer légalement aux États-Unis.
Depuis le lancement de l’Humanitarian Parole Application, jusqu’à la fin du mois de novembre dernier, plus de 531 670 Cubains, Haïtiens, Nicaraguayens et Vénézuéliens étaient arrivés légalement aux États-Unis. Soit 211 040 Haïtiens, 110 240 Cubains, 211 040, 93 080 Nicaraguayens et 117 320 Vénézuéliens.
Il faut souligner que les bénéficiaires du programme de libération conditionnelle doivent avoir un parrain aux États-Unis et, après avoir passé avec succès certaines vérifications et tests d’antécédents, ils sont admis pour deux ans et reçoivent des autorisations de travail. Les voyages aux États-Unis sont coordonnés à l’aide de l’application CBP One.