Après une pause de six ans marquée par des critiques sur l’endettement et un manque de financement, le projet ferroviaire emblématique reliant le Kenya à l’Ouganda est relancé. Une initiative qui illustre un tournant dans la stratégie d’investissement de la Chine en Afrique. (Avec crédit à RFI)
Les présidents kenyan William Ruto et ougandais Yoweri Kaguta Museveni ont officiellement relancé, samedi 21 mars, le projet d’extension du chemin de fer standard gauge railway (SGR), lors d’une rencontre à proximité de leur frontière commune. Ce corridor ferroviaire stratégique doit à terme relier le port de Mombasa, au Kenya, à Malaba, à la frontière ougandaise, avant de s’étendre vers l’intérieur de l’Afrique de l’Est.
Financé initialement par la Chine dans le cadre de ses investissements massifs sur le continent africain, le projet était à l’arrêt depuis six ans. En cause : des contraintes budgétaires, des interrogations sur la viabilité économique et des critiques croissantes concernant le poids de la dette contractée par Nairobi auprès de Pékin. La reprise des travaux intervient dans un contexte où les autorités kenyanes cherchent à relancer la croissance économique et à renforcer les échanges régionaux.
Au-delà du chantier lui-même, cette relance traduit un changement notable dans l’approche chinoise. Pékin semble désormais privilégier des modèles de financement plus prudents et sélectifs, en réponse aux critiques internationales et aux difficultés de remboursement rencontrées par certains pays africains. Ce repositionnement pourrait redéfinir les contours de la coopération sino-africaine dans les années à venir.
Si la reprise du projet ferroviaire Mombasa–Malaba ravive les ambitions d’intégration régionale, elle soulève une question cruciale : l’Afrique peut-elle continuer à compter sur les financements chinois sans compromettre sa souveraineté économique ?
