Le Conseil Présidentiel de Transition a rappelé lundi aux institutions judiciaires leur obligation de se saisir des dossiers concernant les personnes indexées sous les différents régimes des sanctions.
Qu’il soit les sanctions canadiennes, celles des États-Unis ou encore des Nations Unies, les mesures restrictives imposées contre des personnalités haïtiennes accusées d’avoir soutenu et financer la violence des gangs criminels en Haïti demeurent au point mort. Aucune mesure n’a jusque-là été prise pour entamer des poursuites judiciaires contres les personnes indexées.
Alors que le pays continue de plonger dans ce qui s’apparente au chaos provoqué par l’escalade de violence armée, aucune réponse n’est encore apportée par la justice haïtienne en ce sens. Une réaction qui consterne davantage plus d’un qui attendent que les responsables des atrocités commises par les gangs armés terroristes soient jugés puis arrêtés.
Dans un communiqué rendu public lundi soir le Conseil Présidentiel de Transition a rappelé aux institutions judiciaires haïtiennes leur obligation de se saisir des dossiers concernant les personnes indexées sous les différents régimes des sanctions.
« À travers une correspondance adressée au Premier ministre, le Président du CPT, Fritz Alphonse Jean a demandé que des mesures urgentes soient prises pour mobiliser les instances judiciaires compétentes en vue de statuer sur ces dossiers. » a ecrit la structure présidentielle a travers son organe de presse et des relations publiques.
D’après le Conseil Présidentiel de Transition, cette démarche vise à garantir le respect des engagements internationaux d’Haïti en matière de lutte contre la corruption, le blanchiment des capitaux et les violations des droits humains.
Par ailleurs, la structure présidentielle a souligné qu’un rapport détaillé sur l’application de sa décision est attendu dans les meilleurs délais. Elle en a profité pour réaffirmer son engagement ferme à promouvoir la transparence, l’intégrité et le respect des obligations internationales du pays.
Depuis début novembre 2022, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté un régime de sanctions envers Haïti appelé « le Règlement sur les mesures économiques spéciales ». Il vise notamment l’élite politique et économique qui fournit un soutien financier et opérationnel illicite aux gangs armés qui terrorisent quotidiennement la population haïtienne.
Depuis l’entrée en vigueur du règlement du conseil de sécurité de l’ONU, nombreux sont les personnalités haïtiennes composant l’élite politique et économique qui ont été sanctionnées notamment par le gouvernement canadien, les États-Unis et même au niveau des Nations Unies.
Parmi les personnalités haïtiennes sanctionnées par le gouvernement canadien notons les anciens parlementaires : Joseph Lambert, Youri Latortue, Gary Bodeau, Hervé Fourcand, Rony Célestin, Nenel Cassy, Arnel Bélizaire, Prophane Victor, Gracia Delva ; les anciens présidents, chefs du gouvernement et ministres : Michel Martelly, Jean Henry Céant, Laurent Lamothe, Jocelerme Privert, Berto Dorcé, Liszt Quitel ; des hommes d’affaires tels que Steeve Khawly, Charles (Kiko) Saint-Rémy, Gilbert Bigio, Reynol Deeb, Sherif Abdallah, Salim Succar, Marc Antoine Acra, Carl Braun, Jean-Marie Vorbe, André Apaid ; et des bandits notoires comme Jimmy Chérizier, Lanmo Sanjou, Vitel’Homme Innocent, Johnson André (alias Izo).