PORT-AU-PRINCE, 21 juillet 2026 (Presslakay) – Alors que l’insécurité continue de bouleverser le quotidien des habitants de la capitale haïtienne, une dizaine de jeunes ont choisi les mots plutôt que la peur. Du 14 au 18 juillet 2026, le poète et ingénieur agronome Gacheky Rosier a organisé un atelier d’écriture poétique sous le thème « Port-au-Prince m’inspire toujours des poèmes », avec l’ambition d’offrir à la jeunesse un espace d’expression, de création et d’espérance à travers la littérature.
Organisée à la bibliothèque CECREJ, à Fontamara 47, cette initiative, soutenue par Éditions Recto Verso, a réuni des jeunes vivant à Port-au-Prince malgré le contexte sécuritaire. Pendant cinq jours, les participants ont été initiés à la lecture et à l’analyse de la poésie, au rythme poétique, à la structure des textes, aux figures de style, à la sensorialité, aux images poétiques ainsi qu’à la chute, autant d’éléments essentiels de l’écriture.
Auteur du recueil « Ces oiseaux mangeurs d’étoiles », publié en 2023, Gacheky Rosier explique que cet atelier est né de son attachement profond à Port-au-Prince, ville où il est né et a grandi.
« Je voulais montrer qu’il est encore possible de porter un autre regard sur Port-au-Prince. La poésie peut devenir un refuge pour les jeunes, un espace où ils peuvent transformer leurs douleurs, leurs rêves et leur vécu en création », souligne-t-il.
Le 15 juillet, le poète et écrivain Adelson Elias est intervenu auprès des participants afin de partager son expérience. Auteur des recueils « Bruits de pailles », publié en France en 2025 par Éditions Recto Verso, et « Ossements ivres », publié par Éditions Bruno Guattari, il a animé une séance consacrée à la structure poétique, aux images poétiques ainsi qu’à plusieurs figures de style, notamment l’oxymore, la paronomase et les techniques de « punchline » en poésie.
Les témoignages des participants illustrent l’impact de cette expérience.
Pour Geordwins Fleury, cet atelier lui a permis de découvrir la poésie comme un véritable moyen d’expression personnelle. Il affirme avoir appris à développer sa propre voix, à maîtriser les techniques d’écriture et à donner davantage de force et d’émotion à ses textes.
De son côté, Hiléus Djénie estime que cette formation lui a offert un espace de liberté où il a pu exprimer ses frustrations, prendre confiance en lui et rencontrer d’autres jeunes partageant la même passion. Il remercie également son ami Wins, qui l’a encouragé à participer à cette initiative.
À travers cet atelier, Gacheky Rosier entend démontrer que la littérature peut constituer une réponse à la violence et au désespoir. Dans un contexte où de nombreux jeunes sont confrontés quotidiennement à l’insécurité, la poésie devient un outil de résilience, de réflexion et de reconstruction personnelle.
La culture demeure l’un des derniers espaces où les rêves peuvent encore s’écrire librement. Encourager les jeunes à lire, écrire et créer, c’est investir dans une génération capable de transformer les blessures d’aujourd’hui en espérance pour demain. À Port-au-Prince, malgré les épreuves, la poésie continue de faire entendre sa voix.

