MIAMI, 17 août 2026 (Presslakay) — La fin du Statut de protection temporaire (TPS) accordé aux Haïtiens aux États-Unis commence à produire des conséquences concrètes dans le secteur des soins en Floride, où plusieurs établissements pour personnes âgées font face à des difficultés de recrutement après la perte d’autorisations de travail de salariés haïtiens.
La situation touche particulièrement le sud de la Floride, où vit une importante communauté haïtienne et où de nombreux ressortissants travaillent dans les soins aux personnes âgées et aux personnes dépendantes.
Jewish Community Services of South Florida a notamment dû se séparer de 18 employés haïtiens après la perte de leur autorisation de travail. Certains travaillaient depuis de nombreuses années comme aides à domicile auprès de personnes âgées.
D’autres établissements tentent de compenser les départs par des heures supplémentaires, des primes de recrutement ou le recours à des agences de placement.
La Florida Health Care Association avait averti avant la fin du programme que des dizaines de milliers de ressortissants haïtiens travaillaient dans le système de santé de l’État, notamment dans les établissements de soins de longue durée.
Les professionnels du secteur craignent que la disparition d’une partie de cette main-d’œuvre n’aggrave des difficultés de recrutement déjà importantes et n’affecte, à terme, la capacité de certains établissements à accueillir de nouveaux patients.
Les conséquences ne se limitent pas à la Floride. Dans l’État de New York, certains fournisseurs de soins cherchent également à remplacer des employés haïtiens ayant perdu leur autorisation de travail. Des inquiétudes similaires existent dans d’autres États où la main-d’œuvre haïtienne occupe une place importante dans les secteurs de la santé et des services.
La fin du TPS touche également d’autres branches de l’économie américaine. Des employeurs de l’hôtellerie, de la restauration et d’autres secteurs fortement dépendants de travailleurs immigrés doivent désormais vérifier si leurs salariés haïtiens disposent d’une autre base légale leur permettant de continuer à travailler aux États-Unis.
Le TPS permettait aux ressortissants haïtiens remplissant les critères requis de vivre et de travailler temporairement aux États-Unis tout en bénéficiant d’une protection contre l’expulsion. Sa fin ne signifie toutefois pas que tous les anciens bénéficiaires se trouvent dans une situation identique : certains peuvent disposer d’une demande d’asile, d’un autre statut migratoire ou d’une autorisation de travail fondée sur une procédure différente.
La fin du programme est défendue par l’administration américaine au nom du caractère temporaire du TPS. Des organisations de défense des immigrés et des représentants de secteurs employant de nombreux Haïtiens mettent, de leur côté, en garde contre les conséquences humaines et économiques de la disparition de cette main-d’œuvre.
En Floride, les premiers licenciements montrent désormais que les répercussions du changement de politique migratoire dépassent les seules familles haïtiennes. Elles concernent également les entreprises et les milliers de personnes âgées, malades ou vulnérables qui dépendent quotidiennement des services assurés par ces travailleurs.