En pleine intensification des opérations contre les gangs armés, le ministère de la Défense a organisé, vendredi 10 avril 2026 à Port-au-Prince, une campagne de collecte de sang destinée à soutenir les militaires engagés sur le terrain. Menée en partenariat avec le Programme national de sécurité transfusionnelle (PNST), l’initiative intervient dans un contexte de pénurie sanguine chronique en Haïti.
Le ministère de la Défense franchit une nouvelle étape dans son dispositif d’appui aux Forces armées d’Haïti (FADH). Dans ses nouveaux locaux, à l’ancien Best Western, l’institution a organisé une première journée de collecte de sang pour constituer une réserve au bénéfice des militaires déployés dans les opérations de démantèlement des gangs armés. Cette démarche vise à anticiper les urgences médicales sur les théâtres d’opérations.
Cette campagne survient alors que le pays fait face à une crise de disponibilité sanguine. Les besoins annuels sont estimés entre 60 000 et 80 000 poches, tandis que les collectes peinent à dépasser 20 000 à 30 000 unités. Dès cette première journée, environ soixante poches de sang ont été recueillies, un volume jugé précieux pour assurer une prise en charge rapide aux militaires blessés ou nécessitant une transfusion en situation critique.
Placée sous le thème « Protégeons le sang versé par le sang donné », l’initiative a suscité un élan de solidarité au-delà du seul cadre militaire. Alors que la campagne était initialement ouverte aux membres des FADH, des employés civils du ministère et plusieurs citoyens ont également participé. Cette mobilisation élargie traduit une forme de soutien populaire aux militaires engagés dans la lutte contre l’insécurité.
Cette première collecte s’inscrit dans une démarche plus large visant à renforcer la capacité médicale opérationnelle des FADH, dans un contexte où les besoins en transfusion sanguine demeurent largement supérieurs aux ressources disponibles à l’échelle nationale.
Robenson Brutus