Le Service national de gestion des résidus solides (SNGRS) mène depuis plusieurs jours une opération de nettoyage dans des quartiers du centre-ville de Port-au-Prince récemment repris par les forces de l’ordre. Les habitants commencent à revenir, mais la situation sécuritaire demeure fragile.
PORT-AU-PRINCE, 8 mai 2026 (Presslakay) — Les quartiers du bas de la ville de Port-au-Prince, longtemps contrôlés par des gangs, portent encore les traces des violences. Depuis plusieurs jours, le Service national de gestion des résidus solides (SNGRS) mène une opération de nettoyage dans certaines zones rendues accessibles après les interventions des forces de l’ordre. L’objectif : dégager les rues, enlever les débris et créer les conditions minimales pour un retour des résidents.
Sur plusieurs axes menant au centre-ville, la présence policière reste bien visible. Des blindés de la Police nationale d’Haïti (PNH) sont positionnés à différents points sensibles. Douilles, carcasses de véhicules, murs endommagés et bâtiments éventrés témoignent de l’ampleur des destructions imposées pendant des mois par les gangs.
Certains secteurs demeurent néanmoins inaccessibles, signe que la situation reste précaire. Des habitants ont commencé à revenir dans leurs quartiers, davantage poussés par la nécessité de retrouver un quotidien que par un réel sentiment de sécurité.
Des conditions de travail éprouvantes sur le terrain
Les équipes mobilisées par le SNGRS avancent dans des conditions difficiles. Faute d’équipements adaptés, les ouvriers doivent composer avec un environnement encore marqué par les destructions. Jensonny, l’un des membres de l’équipe, décrit un travail « pénible, mais nécessaire pour permettre aux habitants de circuler à nouveau ». Un collègue indique de son côté ne jamais s’aventurer dans certaines rues « sans l’autorisation préalable des forces de l’ordre ».
L’avenue Christophe partiellement praticable
L’avenue Christophe figure parmi les voies désormais accessibles. Mais le décor reste lourd : bâtiments publics et privés endommagés, façades criblées d’impacts, maisons abandonnées, véhicules calcinés. Le retour progressif de motocyclistes et d’activités informelles constitue un signe d’espoir, mais des actes de violence continuent d’être signalés dans plusieurs zones du bas de la ville.
Le centre-ville de Port-au-Prince tente de retrouver un fonctionnement minimal. Les autorités n’ont pas encore communiqué sur un calendrier de réouverture complète des secteurs encore sous contrôle des gangs.
Presslakay