Un juge fédéral à Miami a révoqué la citoyenneté américaine d’un jeune Haïtien reconnu coupable d’avoir frauduleusement obtenu des millions de dollars d’aides liées à la pandémie, relançant le débat sur les contrôles autour des programmes d’urgence et les conditions d’accès à la naturalisation.
Un tribunal fédéral de Miami a ordonné la déchéance de nationalité de Joff Stenn Wroy Philossaint, 25 ans, résident de Fort Lauderdale, après avoir établi qu’il avait obtenu sa citoyenneté américaine par fraude. Selon les autorités judiciaires, l’homme, originaire d’Haïti, a dissimulé son implication dans un vaste réseau d’escroquerie aux programmes d’aide mis en place durant la pandémie de Covid-19. Entre avril 2020 et mai 2021, en pleine procédure de naturalisation, il aurait participé au dépôt d’environ 40 demandes de prêts frauduleuses, permettant de détourner près de 3,8 millions de dollars issus notamment des dispositifs PPP et EIDL, destinés à soutenir les petites entreprises.
Lors de son entretien de naturalisation en décembre 2020, Philossaint avait nié toute implication dans des activités criminelles ou toute fausse déclaration pour obtenir des fonds publics. Des affirmations que les procureurs ont par la suite démontré mensongères. Il avait pourtant été naturalisé en février 2021. Déjà condamné en 2023 à 50 mois de prison pour fraude électronique et blanchiment d’argent après un plaidoyer de culpabilité en 2022, il a également été reconnu coupable d’avoir obtenu illégalement sa citoyenneté.
Dans une décision rendue le 23 février 2026, le juge fédéral Rodney Smith a validé la demande du gouvernement américain de lui retirer sa nationalité, ouvrant la voie à une procédure d’expulsion vers Haïti à l’issue de sa peine. Le procureur fédéral Jason A. Reding Quiñones a rappelé que « la citoyenneté américaine est un privilège qui doit être acquis honnêtement », soulignant la fermeté des autorités face aux fraudes liées à la pandémie.
Cette affaire illustre la détermination des autorités américaines à traquer les abus des fonds publics débloqués en urgence durant la crise sanitaire, mais pose aussi une question sensible : les mécanismes de contrôle ont-ils été suffisamment robustes face à l’ampleur des fraudes révélées après coup ?