Le nouveau ministre de la Culture et de la Communication, Emmanuel Ménard, a effectué mardi une visite de courtoisie à la Télévision Nationale d’Haïti (TNH), accompagné du secrétaire d’État à la Communication, Patrick Chrispin, et du directeur général du ministère, Jean Garry Denis. Présentée comme une démarche de dialogue visant à définir une nouvelle orientation stratégique pour les médias publics, cette visite relance surtout les interrogations sur la mission réelle de la télévision nationale.
Dans son principe, la Télévision nationale d’Haïti doit remplir une mission de service public : informer, éduquer, former et valoriser la culture nationale. Pourtant, dans un pays confronté à de profondes crises sociales, sécuritaires et institutionnelles, la TNH peine encore à jouer pleinement ce rôle. Beaucoup s’interrogent sur la capacité du média public à offrir des programmes éducatifs solides, des débats citoyens, des émissions de formation et des rubriques capables d’éclairer la population sur les grands enjeux du pays.
La visite du ministre intervient alors que la question de la réforme des médias d’État reste entière. Qui pilotera réellement cette réforme ? Quand une véritable stratégie permettra-t-elle à la TNH de couvrir l’ensemble du territoire national, afin que chaque Haïtien, dans les villes comme dans les zones rurales, puisse accéder à une information publique de qualité ?
Au-delà des annonces, le défi reste structurel. Les observateurs estiment que la TNH doit dépasser une logique de communication politique pour se consacrer davantage aux préoccupations de la population : programmes éducatifs, émissions de formation citoyenne, valorisation des savoirs, débats publics et contenus destinés à renforcer la conscience civique.
La question demeure donc posée : quand la télévision nationale cessera-t-elle d’être perçue comme un simple relais du pouvoir pour devenir un véritable média au service du peuple haïtien, capable d’informer, de former et d’éclairer la société ?