Fête de fin d’année: la diaspora haïtienne face à la réalité du temps

Agence presslakay

Pour cette fin d’année, la diaspora haïtienne reste à l’écart du pays en raison de l’insécurité généralisée qui bat son plein. À l’aéroport International Toussaint, lundi 19 décembre 2022, très peu de gens ont été remarqués. Demosthène a bravé le danger pour venir passer les vacances de fin d’années avec ses parents qu’il a laissés depuis plus de 5 ans. Il s’est confié à notre rédaction.

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Qui dit fin d’année dit aussi retour des haïtiens au bercail après une année de travail en dehors de leur pays. C’est aussi le temps pour eux de venir voir leurs proches. Donc venir passer cette traditionnelle fête de fin d’année avec ses proches, voilà le rêve de nombreux de ceux qui sont en dehors du pays.

Démosthène a bravé le danger. Ses proches lui avaient déconseillé de rentrer au pays. Mais il l’a fait, arguant qu’il ne peut pas passer autant de temps sans voir ses parents.

 » Il y a deux réalités entre ce que vous entendez sur les réseaux sociaux et la réalité sur le terrain. Je sais que le pays vit une situation difficile par rapport à l’insécurité. Donc accepter de laisser les États-Unis pour entrer dans ce pays ou les kidnappeurs n’ont pas de limite, il y a beaucoup de risques mais le pays est à nous. Nous ne pouvons pas le laisser aux kidnappeurs. Moi je vais entrer chez mes parents passer avec eux la fin d’année et retourner aux États-Unis en janvier », a expliqué le natif de Delmas qui n’a pas visiblement peur de la situation sécuritaire du pays.

« On ne peut se sentir à l’aise nulle part que chez soi. Dans cette période de fin d’année je sais qu’il y a beaucoup d’haïtiens qui voudraient bien rentrer au pays mais les dirigeants n’ont pas créé un cadre pouvant faciliter la tâche. Donc, moi je suis parmi ceux qui croient que le pays ne peut rester dans cette situation et je suis prêt à apporter ma contribution. Donc je ne peux en aucun cas avoir peur », a t-il ajouté précisant que même ses parents ne l’avaient pas encouragé de rentrer au bercail.

Très peu de vacanciers arrivés au pays

Selon des témoignages reçus des employés de l’aéroport international Toussaint Louverture, pour cette fin d’année, très peu de vacanciers sont remarqués. Les avions ne sont pas remplis à l’entrée alors que à la sortie c’est tout l’inverse. Un employé de l’aéroport revient sur cette situation.

« Cette situation ne date pas de cette année. L’année dernière il n’y a avait pas eu de grandes affluences. Cette année, marquée par les problèmes que vous connaissez n’est pas de nature à faire rentrer des éléments de la diaspora en Haïti », a expliqué l’employé qui ne voulait pas se faire citer.

Un son de cloche partagé par Patrick qui travaille dans une compagnie de location de voiture dans les parages de l’aéroport international Toussaint Louverture.

 » On ne voit pas encore les gens. Peut-être qu’il est encore tôt », a t-il succinctement lâché.

La République Dominicaine comme alternative

Si l’insécurité continue de prendre du champs en Haïti, de l’autre côté de la frontière les autorités dominicaines en profitent pour en tirer d’affaires.

Ainsi, selon nos informations, des haïtiens de la diaspora continuent d’utiliser la République Dominicaine comme lieu de rencontre avec leurs familles, entre autres.

Ces haïtiens de la diaspora trouvent donc en terre voisine un cadre non en proie à l’insécurité contrairement à Haïti.

Une hypothèse vérifiée par de nombreuses familles qui se trouvent actuellement en Haïti. Mais face à cette pénurie de visa dominicains cela rend la tâche plus difficile.

En somme, une fois de plus, le pays fêtera la fin d’année sans nombreux de ses fils et également dans des conditions difficiles d’insécurité et de cherté de vie.

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