Amnesty International a dénoncé une fois de plus ce vendredi les « politiques d’immigration racistes en République dominicaine » , exhortant son gouvernement à se conformer à ses « obligations internationales » en matière de respect des droits humains.
Une chose sur laquelle tout le monde s’entend bien, c’est qu’en République Dominicaine, pays partageant l’île d’Haïti, le racisme structurel prédomine. Ce dernier persiste à un point où des instances internationales ne cessent d’appeler le gouvernement dominicain à prendre des mesures comme de droit.
C’est dans ce contexte que l’organisation internationale, Amnesty International a réitéré sa dénonciation ce vendredi des « politiques d’immigration racistes en République dominicaine ».
En effet, dans un communiqué rendu public, l’instance internationale a dénoncé une fois de plus les « politiques d’immigration racistes en République dominicaine ». Elle a aussi exhorté le gouvernement dominicain à se conformer à ses « obligations internationales » en matière de respect des droits humains, et de garantir « le droit de défendre les droits humains sans discrimination pour ceux qui luttent contre le racisme structurel dans le pays.
« Les autorités dominicaines doivent agir de manière décisive face aux menaces croissantes contre les défenseurs des droits des migrants haïtiens, des Dominicains apatrides d’origine haïtienne et des personnes d’origine africaine », a déclaré Ana Piquer, directrice des Amériques chez Amnesty International.
« Les politiques racistes du gouvernement dominicain ont validé un climat de terreur dans les bateyes, communautés composées de migrants haïtiens et de Dominicains d’origine haïtienne », a poursuivi l’organisation.
Parallèlement, Amnesty International a déclaré que les menaces croissantes contre les défenseurs des droits des migrants haïtiens et de Dominicains d’origine haïtienne, pourraient conduire à la violence physique et au silence permanent d’un segment de la société civile dominicaine.
Par ailleurs, l’instance internationale a exhorté les autorités dominicaines à mettre fin aux déclarations, pratiques, politiques et décisions contraires aux droits humains, favorisant la persistance du racisme structurel et créant un environnement propice à la discrimination.
« Cela comprend la garantie du droit à la nationalité pour les Dominicains d’origine haïtienne qui ont été rendus apatrides par une décision de la Cour constitutionnelle de 2013 et la fin de la politique d’immigration raciste basée sur l’expulsion collective des Haïtiens et le profilage racial des Noirs », a-t-elle ajouté.
« Les Dominicains doivent également cesser de blâmer la population migrante haïtienne comme responsable de la précarité des services publics tels que l’éducation et la santé », a souligné AI.
Cette nouvelle mise en garde de l’organisation internationale intervient cinq mois après que les autorités dominicaines avaient entrepris un processus de déportation massive ciblant les migrants haïtiens jugés en situation irrégulière. Le Président dominicain, Luis Abinader avait ordonné aux agents de l’immigration d’expulser chaque semaine 10 000 ressortissants haïtiens.
Alors que l’opération avançait, plusieurs milliers de ressortissants haïtiens, jugés en situation irrégulière, ont été expulsés dans des conditions infrahumaines. Ces derniers sont arrêtés par les agents de l’immigration, même quand ils détiennent des pièces valides pouvant indiquer qu’ils ne sont pas concernés par la mesure.
Une situation qui a provoqué la peur chez les nombreux ressortissants du pays voisins qui craignent un retour forcé dans le pays ravagé par les violences perpétrées par les gangs armés.