Des dizaines de milliers de personnes ont une nouvelle fois foulé le macadam ce mercredi pour manifester contre l’insécurité qui bat son plein dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince. Faisant usage excessif de gaz lacrymogènes et de balles réelles, la police a encore une fois dispersé la foule.
À Port-au-Prince, c’est presque chaque jour qu’une localité est attaquée par les gangs armés terroristes où ces derniers tuent des personnes, même les petits enfants, incendient des maisons, y compris des bibliothèques, des hôpitaux et des établissements scolaires. Alors que la situation sécuritaire s’aggrave de jour en jour, la population haïtienne, délaissée et livrée à elle-même, ne peut qu’exiger les autorités concernées à assurer la protection de sa vie.
C’est dans cet optique que ce mercredi 2 avril des milliers de personnes ont une nouvelle fois foulé le macadam pour manifester contre l’insécurité qui bat son plein dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince. Vêtus de noir, les protestataires ont parcouru plusieurs kilomètres pour se rendre devant le Villa d’Accueil.
“Sécurité ou démission”, ont lancé à maintes reprises la foule compacte alors qu’elle avançait droit vers l’édifice logeant le Conseil Présidentiel de transition.
Au moment où les manifestants sont arrivés devant le Villa d’Accueil, la Police a une nouvelle fois fait usage excessif de gaz lacrymogènes et des balles réelles contre une population civile, dispersant la foule qui ne fait que réclamer le rétablissement de la sécurité et le renforcement des capacités opérationnelles de l’institution policière.
À noter que cette journée de manifestation est la troisième en seulement deux semaines. La population civile a gagné les rues pour exiger l’État central à prendre des mesures concrètes pour endiguer la violence des gangs.
Depuis début février, plusieurs localités de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince ont été assiégées par les gangs terroristes, allongeant ainsi la liste des territoires occupés par les bandes criminelles. À Kenscoff, commune située sur les hauteurs de Petion-Ville, les forces de l’ordre n’arrivent toujours pas à prendre le contrôle de la zone pendant que les assaillants continuent de progresser, envahissant le faubourg autrefois paisible quartier par quartier.
Au niveau du Bas-Delmas, les individus lourdement armés poursuivent leur offensive notamment aux Delmas 19, 30 et 32, contraignant les résidents de ces zones à abandonner leurs domiciles.
Alors que la crise sécuritaire se détériore, les villes éloignées de la capitale ne sont pas exemptées des violences perpétrées par les gangs terroristes. En début de la semaine, des bandits criminels ont orchestré une attaque à Mirebalais, commune limitrophe des départements de l’Ouest et du Centre. Des infrastructures cibles ont été vandalisées notamment le commissariat de police et la prison civile.