À l’ONU, la Chine réprimande les États-Unis en ce qui concerne la crise haitienne

À l’ONU, la Chine réprimande les États-Unis en ce qui concerne la crise haitienne

La crise haitienne a fait l’objet d’une réunion spéciale ce lundi au conseil de sécurité de l’ONU. L’occasion pour la Chine de réprimander une fois de plus les États-Unis qu’elle considère comme le « cerveau » derrière les problèmes d‘Haïti, les accusant aussi de se soustraire à leurs responsabilités à un moment où la nation des Caraïbes attend un meilleur soutien.

Au conseil de sécurité des Nations Unies, la crise sécuritaire haitienne a été ce lundi au centre d’une discussion spéciale comme c’est souvent le cas déjà depuis plusieurs années, ce qui a d’ailleurs favorisé la mise sur pied de la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MMS) appelée à soutenir la Police Nationale d’Haïti (PNH) dans la lutte contre l’insécurité persistante.

Les représentants des États membres se sont donc rassemblés pour faire le point sur la situation qui continue à détériorer dans un contexte marqué par l’aggravation de la crise sécuritaire partout dans la nation des Caraïbes.

Après que le représentant des États-Unis au Conseil de Sécurité de l’ONU, Dorothy Camille Shea a désengagé son pays dans le renforcement d’un soutien à Haïti, et appelant la communauté internationale à renforcer leur aide à la nation des Caraïbes, le représentant de la Chine a réprimandé les États-Unis en ce qui concerne la crise multidimensionnelle haïtienne.

Le représentant adjoint de la Chine au Conseil de sécurité des Nations Unies, Geng Shuang, a accusé les États-Unis d’être le « cerveau » derrière les problèmes d’Haïti. Le diplomate a accusé la Maison Blanche d’avoir abandonné Haïti à un moment critique après avoir aidé à mettre en place le Conseil Présidentiel de transition (CPT) qui semble dépassé et désormais embourbé dans la controverse et les problèmes de crédibilité.

Shuang a insisté sur le fait que les États-Unis demeurent le « leader de facto en matière de sécurité en Haïti » tout en soulignant la contribution minimale de l’administration actuelle à la mission depuis son arrivée au pouvoir en janvier et sa récente imposition d’un tarif de 10 % sur Haïti, « une nation au bord de l’effondrement ».

« Les États-Unis ont toujours été le leader de facto en matière de sécurité en Haïti. Pourtant, l’administration Trump a réduit considérablement l’aide à la nation des Caraïbes depuis qu’elle a renforcé ses mesures restrictives en ce qui concerne l’aide étrangère. De plus, elle a imposé un tarif douanier de 10% sur le pays qui est au bord de l’effondrement », a déclaré le représentant adjoint de la Chine, Geng Shuang.

« Les États-Unis sont une source majeure d’ingérence dans le développement d’Haïti. Alors qu’ils prétendent soutenir le peuple haïtien, ils continuent d’expulser des immigrants haïtiens au nom des priorités nationales, alors même qu’Haïti a cruellement besoin de soutien. » a ajouté l’ambassade chinois au conseil de sécurité de l’ONU, soulignant que la proximité des États-Unis avec Haiti ne devrait pas être une malédiction.

Les réprimandes de Pékin interviennent dans un contexte marqué par une guerre commerciale manifeste entre les États-Unis et la Chine après que l’administration Trump a imposé de nouveaux tarifs douaniers à la nation asiatique. Des droits de douane qui ne cessent d’augmenter après la réaction de l’une ou l’autre partie.

Étant un contributeur financier important de l’ONU, la Chine ne favorise pas le déploiement d’une mission onusienne de maintien de la paix en Haïti, contrairement aux États-Unis, soulignant toujours les dérives des missions précédentes. À l’instar de la Russie, autre critique virulente des États-Unis, Pékin n’a pas contribué au fonds d’affectation spéciale pour la mission.

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