La commission des droits de l’homme appelle à une action américaine beaucoup plus ferme concernant le trafic d’armes à feu qui alimente les violences perpétrées par les gangs armés terroristes en Haïti.
Alors que l’insécurité persiste dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince ainsi que dans d’autres villes de province, les plaidoyers pour un soutien accru de la communauté internationale se multiplient. Après le déploiement d’une Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MMS), transformée en septembre dernier par une mission beaucoup plus robuste, la Force de Répression des gangs (FRG), la pression se met désormais pour stopper le trafic illicite d’armes à feu qui alimente les violences perpétrées par les gangs armés terroristes dans la nation francophone des Caraïbes.
Lors d’un panel des droits de l’homme mardi des experts de la Commission des droits de l’homme ont appelé à une action américaine beaucoup plus ferme en ce qui à trait de bloquer le flux incessant d’armes à feu et de munitions qui rentrent en Haïti, via les États-Unis.
« Les trafiquants basés aux États-Unis qui vendent des fusils d’assaut de haute puissance, lesquels sont ensuite écoulés illégalement vers des bandes criminelles armées en Haïti, ne sont qu’une poignée de « mauvais acteurs » qui peuvent être maîtrisés grâce à un renforcement des efforts américains » ont-ils soutenu.
Selon eux, il existe plusieurs moyens de mettre fin à ces pratiques commerciales dangereuses qui compromettent la sécurité intérieure d’Haïti, et constitue une menace pour la région des Caraïbes.
« L’un d’eux consiste à instaurer des lois et des réglementations strictes et judicieuses » a déclaré Jonathan Lowy, fondateur et président de Global Action on Gun Violence.
M. Lowy a ajouté que des pratiques de vente plus sûres peuvent être mises en œuvre au niveau étatique ou fédéral, ce qui contribuerait à endiguer en grande partie la crise des armes en Haïti. Le fondateur et président de Global Action on Gun Violence a aussi souligné que ces réformes peuvent être mises en œuvre volontairement par les armuriers et les fabricants américains.
« Ils peuvent peuvent choisir à qui ils vendent » a-t-il soutenu alors qu’il prenait part mardi au panel de la Commission interaméricaine des droits de l’homme organisé pour mieux comprendre le lien entre le trafic d’armes illégal, et la violence qui plonge davantage dans le chaos la nation francophone des Caraïbes.
Depuis plusieurs années, l’ONU ne cesse de tirer la sonnette d’alarme contre le flux incessant d’armes à feu qui alimente les violences perpétrées par les gangs armés terroristes. Les derniers rapports des agences des Nations Unies ont révélé que les armes et munitions utilisées par les bandits qui terrorisent quotidiennement la population haïtienne proviennent en grande partie de la Floride, aux États-Unis, transitant par la République Dominicaine.
Si les États-Unis ont appliqué depuis une politique de sanctions contre les personnalités haïtiennes qu’ils accusent avoir soutenu et alimenté les violences perpétrées par les gangs armés, celle-ci n’empêche pas que le trafic d’armes à feu et de munitions se poursuit, entravant le processus de rétablissement de la sécurité mis en œuvre par les autorités haitiennes, le Conseil de Sécurité des Nations Unies, et les partenaires de la nation francophone des Caraïbes.
Lors du panel, un autre expert, Christopher Hernandez-Roy, chercheur principal et directeur adjoint du programme Amériques au Centre d’études stratégiques et internationales, a déclaré que, puisque la plupart des armes faisant l’objet d’un trafic en Haïti proviennent des États-Unis, l’application de la loi par les États-Unis doit être renforcée.
Constatant l’incapacité d’Haïti à surveiller ses côtes, Hernandez-Roy a déclaré que les pays de la région devaient également faire davantage pour l’aider.
« Le renforcement des réseaux de signalement communautaires et des capacités de traçage permettra d’améliorer le ciblage et le démantèlement des réseaux de trafic », a-t-il affirmé.
Intervenant aussi lors de ce panel qui réunit des experts sur le trafic d’armes illégal qui alimente les violences en Haïti, William O’Neill, expert indépendant des Nations Unies en matière de droits de l’homme, a souligné l’impact du commerce illégal d’armes sur la violence des gangs, le déplacement des Haïtiens de leurs foyers et la violence sexiste.