Par Amos Cincir
Il fut un temps, mythique, presque légendaire, où représenter HAÏTI à l’étranger était un honneur, un prestige, un mandat, et un engagement patriotique. Aujourd’hui, c’est un placement politique, un plan B pour militants échoués, un programme social pour maîtresses recyclées, ou pire, une récompense pour des imposteurs et fabricants d’asile qui ont menti dans leurs dossiers pour fuir Haïti et se réfugier au Canada ou aux États-Unis d’Amérique.
Bienvenue dans la diplomatie haïtienne moderne qui est devenue un cirque international où les clowns ne font même plus rire, et où l’incompétence est érigée en vertu sacrée.
CANADA : LE CONSULAT DE L’IRONIE OBSCÈNE
Le CANADA n’a jamais vu autant d’HAÏTIENS de mauvaise qualité au mètre carré. Ironie ultime, car les mêmes individus qui ont inventé des romans politiques de toutes pièces pour obtenir l’asile deviennent agents officiels de l’État du pays qu’ils accusaient hier de vouloir les exterminer. C’est plus qu’un paradoxe, c’est une insulte à l’intelligence humaine.
Et le plus beau ? Ils travaillent deux ou trois fois par semaine, au grand maximum. Deux à trois jours de présence par semaine suffisent, entre stories Instagram et ragots de corridor. Certains pratiquent un télétravail… spirituel.
Le Consulat ou l’Ambassade devient une franchise officieuse de Tim Hortons, où les HAÏTIENS font la queue à 5h du matin pendant que les «DIPLOMATES » savourent leur troisième cappuccino. Alors que les vrais professionnels, eux, restent au placard, car ils sont trop compétents et dérangeants pour ce cirque.
ÉTATS-UNIS : DES CONSULATS TRANSFORMÉS EN DÉPÔTS DE PISTON
À NEW YORK, à MIAMI, à CHICAGO, à ORLANDO ou à WASHINGTON, la diplomatie haïtienne ressemble à une série Netflix low-cost. Casting avec des employés fantômes, des amis du pouvoir, des militants recyclés, des menteurs d’asile, des cousins, des belles-sœurs, et des «poto mitan du parti politiquei». Certains sont si absents qu’ils pourraient intégrer le programme de protection des témoins.
Le visa devient une faveur personnelle, et la mission consulaire un commerce émotionnel : «Li konnen mwen», «Se zanmi papa m». Et beaucoup de ces employés envoient une partie de leur salaire à leurs parrains en HAÏTI, ceux qui ont orchestré leur nomination, transformant chaque mission diplomatique en chaîne de corruption transatlantique, où la compétence est un danger pour le statu quo.
FRANCE : LE THÉÂTRE DES SAMEDIS DIPLOMATIQUES
À PARIS, la médiocrité se drape d’érudition. Le service consulaire est un théâtre d’ombres, où certains récitent phonétiquement des textes appris par cœur. Les nominations suivent un rituel grotesque avec des anciennes favorites, des militants recyclés, des ex-fonctionnaires ressuscités, des amis intimes du MAE, et des starlettes d’Instagram en quête de légitimité.
Le Consulat est le royaume du samedi avec deux signatures, un sourire pour la caméra, un tweet vide… et une disparition jusqu’au samedi suivant. La compétence y est une faute grave, la médiocrité un sacrement.
RÉPUBLIQUE DOMINICAINE : LE LABYRINTHE DE L’HUMILIATION
Ici, l’humiliation n’est plus accidentelle. Elle est protocolisée. Les HAÏTIENS en République dominicaine sont traités comme des intrus pour un simple document. Les files d’attente deviennent des parcours d’obstacles kafkaïens, les bureaux vides et le personnel absent créent un labyrinthe bureaucratique où le citoyen est prisonnier. La règle ? «Ou vini lè ou vle, ou fè sa ou vle, e pèsonn pap revoke w».
Le chaos n’est plus une déviation, c’est le mode de fonctionnement officiel.
Le Consulat devient un lieu où les erreurs se multiplient comme des virus, où les dossiers disparaissent dans un trou noir administratif, et où l’arrogance des employés remplace toute notion de service. Chaque HAÏTIEN qui tente de faire valoir ses droits est confronté à des retards absurdes, des refus arbitraires et un mépris systématique, transformant la République Dominicaine en laboratoire du cynisme diplomatique.
LE BUSINESS DIPLOMATIQUE : ACTIVITÉS-BIDON ET ILLUSIONS
Nombreux chefs de poste ont transformé la diplomatie en usine d’activités-fantômes avec des conférences fictives, des ateliers-minute, des cérémonies creuses, et des projets jetables. Les perdiems sont encaissés… puis tout disparaît. Les dossiers dorment, les communautés souffrent, et la diplomatie devient une prestidigitation institutionnelle.
Ces illusionnistes en costume-cravate ne servent pas l’État haitien. Ils vendent du vent, de la poudre aux yeux et du néant habillé en légitimité.
UNE DIASPORA TRAHIE ET HUMILIÉE
La diaspora haitienne finance l’économie, les familles, l’immobilier, l’éducation, et les hôpitaux en HAÏTI. Mais en retour, elle subit l’arrogance, l’incompétence et la négligence des missions diplomatiques par des bureaux fermés, des dossiers perdus, des retards insultants, des réponses arrogantes et humiliantes, des employés absents, des documents bâclés, et des mépris institutionnalisé.
Chaque requête devient un parcours du combattant, chaque interaction un affront. La diaspora n’est plus servie, elle est trahie par son propre pays, transformée en victime permanente d’un système qui échange ses contributions économiques contre de l’humiliation morale.
LES SALAIRES DES INCOMPÉTENTS : UNE CHAÎNE DE CORRUPTION
Pire encore, une partie des employés nommés sans compétence ni formation sérieuse envoie régulièrement des montants de leur salaire à leurs parrains politiques en HAÏTI, ceux qui ont orchestré leur nomination. Cette pratique fait des missions diplomatiques des réseaux de corruption transnationale, où incapables et corrupteurs prospèrent ensemble, et où la compétence devient un crime.
LA MÉDIOCRITÉ STRUCTURELLE : LA RACINE DU MAL
La diplomatie haïtienne échoue non par manque de moyens, mais par excès de nominations politiques, pistons, protégés, parasites, militants recyclés, fabricants d’asile et corrompus de grands chemins. On nomme les dociles, on protège les médiocres, on récompense la servilité. La médiocrité n’est plus un défaut : c’est un système de gouvernance.
Un pays incapable de protéger son image à l’étranger est un pays sans avenir. Un Consulat médiocre n’est pas un simple désagrément administratif, c’est un danger national.
Aujourd’hui, la diplomatie haïtienne renvoie l’image d’un pays kidnappé par ses propres incapables. HAÏTI mérite mieux. La DIASPORA mérite mieux. Le PEUPLE mérite mieux. Et tôt ou tard, ceux qui ont transformé nos Ambassades et Consulats en cirques internationaux devront répondre devant l’Histoire.
Amos CINCIR
Serviteur de l’Empire d’Haïti-Afrique
Ambassadeur du Royaume
26 Novembre 2025