PORT-AU-PRINCE, — PRESSLAKAY: Un appel pressant a été lancé ce week-end à l’Office de la Protection du Citoyen (OPC), au ministre de la Justice et de la Sécurité publique, ainsi qu’au commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince, concernant la situation jugée alarmante de trois membres d’une même famille détenus depuis plus d’un an sans avoir été présentés devant un juge.
Selon les informations communiquées à la presse, Rose Jallye Salomon, Rose Daphkar Salomon, ancienne employée à Paryaj Pam, et Viberson Salomon sont incarcérés depuis avril 2024, sans notification claire des charges retenues contre eux ni respect des délais légaux de comparution.
D’après les proches, Jallye Salomon aurait été arrêtée alors qu’elle rendait visite à sa sœur Daphkar, Viberson Salomon interpellé pour s’être trouvé au domicile de cette dernière lors d’une perquisition policière, tandis que Daphkar Salomon aurait initialement été arrêtée pour conduite sans permis, avant de faire face à de nouvelles accusations formulées ultérieurement en détention.
La situation sanitaire des détenus suscite également une vive inquiétude. La mère de la famille serait gravement malade, tandis que Daphkar Salomon souffrirait de complications liées au diabète, selon des sources concordantes, dans des conditions de détention qualifiées d’inhumaines par les proches. L’incarcération prolongée de Viberson Salomon aurait par ailleurs entraîné la perte de son année universitaire, compromettant sérieusement son avenir.
Face à ce dossier qualifié d’« abusif et cruel », un appel public est lancé aux organisations nationales et internationales de défense des droits humains, notamment la RNDDH, Fondasyon Je Klere (FJKL), Amnesty International, Human Rights Watch et le Réseau National de Défense des Droits Humains, afin qu’elles se saisissent urgemment de l’affaire.
Les signataires de l’appel exhortent également la Primature de la République d’Haïti et la Présidence de la République à intervenir sans délai pour faire respecter l’État de droit, mettre fin à la détention préventive prolongée et garantir l’accès rapide à un juge compétent.
« Il y a urgence. Il y a abus. Il y a violation manifeste des droits fondamentaux », insistent les proches, appelant à une action immédiate des autorités compétentes.