Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) a exprimé ses préoccupations face aux avis de recherche émis par la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) contre plusieurs personnalités, dénonçant des procédures jugées arbitraires et contraires aux principes de l’État de droit.
PORT-AU-PRINCE – Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) a pris acte de la circulation, sur les réseaux sociaux, de quatre avis de recherche émis par la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) visant Arnel Bélizaire, Ralph Youri Chevry, Smith Joseph et Edouard Julcène. Ces derniers sont accusés notamment de financement du terrorisme, de blanchiment d’avoirs, de trafic d’armes, d’attentat contre la sûreté de l’État et d’association de malfaiteurs. Selon la DCPJ, les personnes concernées sont considérées comme armées et dangereuses, à l’exception de Smith Joseph.
Dans son communiqué daté du 7 février 2026, le RNDDH remet en question la légalité et la pertinence de ces avis de recherche. L’organisation affirme notamment que certains des individus visés n’auraient fait l’objet ni de convocation officielle ni de mandat judiciaire, tout en soulignant que leurs noms n’apparaissent pas dans des rapports d’enquête de l’Unité Centrale de Renseignement Économique et Financier (UCREF) ni de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) pour les faits qui leur sont reprochés. Le RNDDH évoque également des perquisitions réalisées au domicile de Ralph Youri Chevry sans notification préalable des charges retenues contre lui.
Tout en reconnaissant l’obligation légale de la police judiciaire de mener des enquêtes, le RNDDH insiste sur la nécessité de respecter strictement les garanties judiciaires, notamment la présomption d’innocence, le droit à un procès équitable et la notification préalable des accusations. L’organisation estime que les avis de recherche ne peuvent être justifiés que dans des circonstances précises, comme la fuite d’un suspect ou l’exécution d’un mandat d’arrêt, conditions qui, selon elle, ne seraient pas réunies dans les cas évoqués.
Le RNDDH appelle ainsi la DCPJ à suspendre les avis de recherche visant Ralph Youri Chevry, Smith Joseph et Edouard Julcène, tout en exhortant les autorités judiciaires à garantir le respect scrupuleux des procédures légales afin de préserver la crédibilité des institutions et l’État de droit en Haïti.