Le doyen du Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, Me. Bernard Saint-Vil a rejeté lundi la demande en habeas corpus introduite par Me. Mario Delcy, avocat de Gamall Augustin, l’ex directeur général de la Télévision Nationale d’Haïti (TNH) arrêté pour corruption.
Une semaine après l’arrestation de l’ancien Directeur de la Télévision Nationale d’Haïti (TNH), Gamall Augustin, après son audition, le dossier suit son cours au niveau de la justice haïtienne. L’ancien responsable de la chaîne publique est accusé de divers faits de corruption dans un rapport accablant de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC).
Après que son avocat Me. Mario Delcy a introduit jeudi dernier un recours en habeas, ce dernier a été rejeté ce lundi par le doyen du Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, Me. Bernard Saint-Vil.
À noter que le dossier de Gamall Augustin a été transféré jeudi dernier au cabinet d’instruction sur ordre du commissaire du Gouvernement, Me Fritz Patterson Dorval. Le juge instructeur Étienne Mercier a été désigné pour conduire l’affaire.
Augustin, ancien Directeur Général de la Télévision Nationale d’Haïti (TNH), a été très décrié durant son administration. Dans un rapport détaillé de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), il est indexé dans divers faits de corruption notamment abus de fonction, faux et usage de faux, prise illégale d’intérêts, entre autres.
D‘après la commission d’enquête de l’ULCC, Augustin aurait falsifié la liste des employés de la Télévision Nationale d’Haïti (TNH) dans le cadre du programme de cartes de débit de la Banque Nationale de Crédit (BNC). Une manipulation aurait permis à l’ancien responsable de la chaîne publique de détourner plus de 5 millions de gourdes.
Toujours selon les conclusions de l’enquête menée par la commission de l’ULCC, entre 2016 et 2024, plus de 175 millions de gourdes auraient été décaissés pour approvisionner en carburant des sites de la Télévision Nationale d’Haïti (TNH) qui n’étaient pas opérationnels.
Face à ces faits accablants, la commission d’enquête a recommandé dans son rapport la mise en mouvement de l’action publique contre l’ancien directeur général de la chaîne publique. Actuellement, ce dernier se trouve derrière les barreaux alors que ses avocats font des manœuvres pour le libérer.