Depuis que les États-Unis ont imposé des restrictions de visas au conseiller- président Fritz Alphonse Jean, la tension se fait de plus en plus vive au plus haut sommet de l’État. Des membres du CPT se divisent sur la décision de renverser le Premier ministre, pendant que la communauté internationale met la pression, et fait appel aux élections. Face à cette situation, des acteurs ont appelé à l’unité pour sauver ce qui reste de la transition.
Si Haïti était prévenue d’avance de l’échec cuisant du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), la situation dans laquelle se trouve actuellement la structure présidentielle, appelée à rétablir l’ordre démocratique dans la nation francophone des Caraïbes, montre que les avertisseurs ne peuvent porter le nom de corbeau de malheur. Loin de là. Puisqu’ils semblent avoir raison sur toute la ligne, à deux mois de la fin de mandat du panel présidentiel.
Depuis que les États-Unis ont annoncé des restrictions de visas au conseiller- président Fritz Alphonse Jean, accusé d’entraver le processus de rétablissement de la sécurité en soutenant les gangs armés terroristes, la tension est à son comble au sein du gouvernement de transition. L’accusé à rejeté mardi les accusations des autorités américaines, et a soutenu que cette décision survient alors qu’il entreprend avec d’autres membres du CPT des démarches pour renverser le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qu’il juge d’incompétent.
Pour prouver ce qu’il avance, le Représentant de l’Accord Montana a rendu public mardi après-midi des captures d’écran révélant une conversation avec l’ambassadeur du Canada en Haïti, André François Giroux. Ce dernier semblait faire pression sur l’économiste devenu conseiller- président pour abandonner toute tentative visant à renverser le chef du gouvernement.
Alors que les captures d’écran révélant la conversation entre les deux parties deviennent virales sur les réseaux sociaux, plus d’un se montrent indignés face à ce qu’ils qualifient d’ingérence de la part des États-Unis et du Canada. Une situation qui renforce les inquiétudes à un moment où les acteurs devraient se concentrer sur le rétablissement de la sécurité dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince ainsi que dans les autres villes de province prises pour cibles par les bandits armés. Seule condition indispensable à l’organisation des élections libres dans la nation francophone des Caraïbes.
En réaction, le Président du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Laurent Saint-Cyr avait adressé mercredi une lettre ouverte aux autres membres de la structure présidentielle les appelant à l’unité. Le représentant du secteur privé des Affaires qui dirige le panel présidentiel a aussi mis en garde contre les initiatives visant à remplacer le Premier ministre Alix Didier FILS-AIMÉ.
Saint-Cyr a estimé qu’un tel changement, à l’approche du 7 février 2026, mettrait en péril la stabilité du pays et les efforts en cours pour rétablir la sécurité et préparer les élections. Il a appelé à la responsabilité ainsi qu’au dialogue, rappelant que la transition ne doit pas être perturbée par des calculs personnels ou des tensions internes.
Dans un message publié sur son compte X, ce jeudi 27 novembre, le Conseiller-Président Frinel Joseph a affirmé que l’appel à l’unité, lancé par le Coordonnateur du Conseil Présidentiel de Transition (#CPT), fait écho aux inquiétudes qu’il avait exprimées, lors de son intervention sur les ondes de la radio Scoop FM, le 24 novembre dernier.
Le Membre observateur et responsable du chantier électoral au Conseil Présidentiel de Transition a réiteré son engagement à promouvoir la cohésion au sein de la structure présidentielle de neuf membres, afin de créer un climat favorable à l’organisation des élections libres.
« Les acteurs politiques doivent dépasser leurs divergences, et privilégier sans délai le dialogue, à l’approche de l’échéance du 7 février 2026 » a déclaré sur les ondes de la radio locale le représentant des cultes libres, tout en concluant que « nous devons prouver au monde que nous pouvons redonner à notre nation la place qu’elle mérite »
Alors que la situation persiste au plus au sommet de l’État, les voix s’élèvent pour réclamer l’unité au sein du gouvernement de transition. Est-ce que le groupe minoritaire qui cherche à renverser le chef du gouvernement va essayer de trouver une majorité au sein du CPT pour arriver à sa fin ? Est-ce que les parties vont mettre de côté leurs différends pour continuer de liquider les affaires courantes ? Pour l’heure, nul ne sait où se dirige Haïti.