PORT-AU-PRINCE, 23 juillet 2026 (Presslakay) – L’ambassadeur des États-Unis en Haïti, Henry Wooster, a tenu jeudi matin sa conférence de presse d’adieu à Port-au-Prince, au terme de sa mission, dressant le bilan de la coopération bilatérale et des priorités de Washington envers Haïti.
Ayant servi dans le pays il y a 28 ans avant d’y revenir en juin 2025, le diplomate a dit rester marqué par la résilience du peuple haïtien face à des défis sans précédent.
L’ambassadeur a établi une distinction entre « sécurité » et « stabilité », la première ouvrant la voie à des élections sûres et crédibles, la seconde résultant d’institutions légitimes, de la croissance économique et d’une gouvernance efficace. Selon lui, la sécurité doit précéder la stabilité pour permettre la relance économique, le retour des enfants à l’école et l’accès aux soins de santé.
Il a rappelé que son équipe, à l’Ambassade comme à Washington, appuie Haïti face à la menace que représentent les réseaux de gangs terroristes pour la survie de l’État. Cet effort a mené, avec des partenaires internationaux et le Conseil de sécurité des Nations Unies, à la mise en place de la Force de répression des gangs (FRG), qui regroupe à ce jour des troupes du Tchad, du Salvador, du Guatemala, de la Jamaïque, de la Mongolie et du Sri Lanka, et qui a entamé ses opérations de sécurisation le mois dernier.
Selon l’ambassadeur, la FRG procède à l’arrestation de membres de gangs remis à la Police nationale d’Haïti (PNH), saisit et détruit leurs armes, et a commencé à dégager des routes pour rétablir le contrôle territorial de l’État. Ces opérations devraient s’intensifier avec l’arrivée de renforts prévus cet été et à l’automne.
Le diplomate a souligné que les solutions durables devront être portées par les Haïtiens eux-mêmes. Il a cité le programme « P4000 », financé par le Département d’État, qui doit permettre à la PNH de recruter et former 4 000 nouveaux agents d’ici début 2027. Il a également relevé que le Congrès américain a levé des restrictions vieilles de plusieurs décennies concernant la coopération avec les Forces armées d’Haïti (FAd’H), le gouvernement haïtien priorisant désormais le renforcement de ses capacités militaires.
Washington a par ailleurs salué l’engagement du gouvernement haïtien envers un retour à la gouvernance démocratique, appelant à une action collective des dirigeants politiques, du secteur privé et de la société civile pour rejeter la corruption et mettre fin à l’impunité.
L’ambassadeur a insisté sur le rôle du secteur privé haïtien dans la création d’emplois, qu’il juge essentielle pour offrir des alternatives au recrutement des jeunes par les gangs et pour redresser l’économie du pays.
Il a rappelé que les États-Unis demeurent le principal donateur bilatéral d’Haïti, avec plus de 800 millions de dollars de programmes d’assistance en cours, dont 125 millions de dollars versés en 2026 au Fonds humanitaire commun géré par l’OCHA, ainsi que 24 millions de dollars d’aide alimentaire et 11 millions de dollars pour le relèvement post-ouragans.
S’adressant aux médias haïtiens, l’ambassadeur Wooster a souligné l’importance d’un journalisme éthique et professionnel pour la lutte contre la désinformation et pour permettre aux Haïtiens de prendre des décisions éclairées sur l’avenir du pays.
