Le Ministère haïtien des Affaires sociales et du Travail (MAST) a présenté mercredi à Port-au-Prince les modalités d’application du nouvel ajustement du salaire minimum, fixé secteur par secteur par un arrêté publié dans le journal officiel Le Moniteur le 6 mai 2026.
Au cours d’une conférence de presse tenue au siège du ministère, le titulaire du MAST, Marc-Elie Nelson, a détaillé les nouveaux montants journaliers applicables pour une journée de travail de huit heures.
Le barème s’établit comme suit :
– 1 300 gourdes pour les industries d’assemblage destinées à l’exportation ;
– 1 000 gourdes pour les entreprises des segments A et F ;
– 925 gourdes pour le segment G ;
– 900 gourdes pour les segments B et H ;
– 760 gourdes pour le segment C ;
– 500 gourdes pour le personnel de service à domicile (segment E).
Cet ajustement s’inscrit, selon le ministre, dans la volonté du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé de renforcer la justice sociale, d’améliorer les conditions de vie des travailleurs et de préserver leur pouvoir d’achat.
Marc-Elie Nelson a souligné que la décision résulte d’un processus de consultation avec les différents acteurs concernés, dans le respect du dialogue social et des dispositions du Code du travail.
Le ministre a également lancé un appel aux employeurs, aux travailleurs et aux organisations syndicales pour favoriser un climat de travail fondé sur le respect mutuel et la stabilité sociale. Il a insisté sur la nécessité de préserver les emplois existants, en particulier les quelque 25 000 postes du secteur de l’assemblage, considéré comme l’un des piliers fragiles de l’économie formelle haïtienne.
Le MAST s’est dit engagé à accompagner les différents secteurs dans la mise en œuvre de la mesure, qu’il présente comme un levier pour la paix sociale et le développement économique du pays.
La conférence de presse a également réuni la directrice du Travail, Guerline Jean-Louis, et le coordonnateur du Conseil supérieur des salaires, Jean Nerva Siméon.
Cet ajustement intervient dans un contexte marqué par une inflation persistante et une dépréciation continue de la gourde face au dollar américain, qui érodent depuis plusieurs années le pouvoir d’achat des travailleurs haïtiens, en particulier dans les secteurs à bas salaire.


