Moins d’une semaine après la publication du décret référendaire, une organisation sociopolitique a ouvertement dénoncé et critiqué cette demarche.
Alors que le gouvernement de transition semble bien décidé à avancer dans son projet de réforme constitutionnelle, plus d’un voient dans cette démarche un simulacre orchestré par un pouvoir politique davantage critiqué par son incapacité à résoudre les défis sécuritaires de l’heure. Pourquoi s’empresse-t-il à organiser un référendum constitutionnel si les conditions sécuritaires ne sont pas réunies ? Une question qui revient sans cesse dans l’opinion publique.
En fin de semaine dernière, le comité chargé de la réforme constitutionnelle a publié au journal officiel Le Moniteur le décret référendaire. Un processus dénoncé par l’organisation socio-politique Nou Pap Konplis.
Dans une note rendue publique vendredi, la structure de vigile citoyenne a dénoncé cette démarche qu’elle considère comme « un guet-apens politique, un simulacre démocratique ». Selon l’organisation, le comité référendaire n’a aucune base légale ni légitimité populaire pour mener le référendum constitutionnel.
Parallèlement, Nou Pap Konplis a rappelé que le projet de référendum ne figure à aucun moment dans l’Accord du 3 avril 2024, document ayant servi de fondement à la mise en place du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), mais que ce dernier a mis de côté sans même le publier au journal officiel Le Moniteur pour s’engager unilatéralement dans d’autres voies.
« La publication unilatérale de ce décret constitue non seulement une entorse grave à l’esprit de l’accord consensuel, mais également une violation flagrante de la souveraineté nationale.» a soutenu l’organisation socio-politique.
Nou Pap Konplis a également invité les organisations « structurées » du pays à entamer des poursuites judiciaires contre les membres du comité référendaire, rappelant que ces derniers n’ont aucune légitimité puisque la constitution de 1987 ne permet d’ailleurs a aucune autorité de l’interrompre.
« Il est inacceptable que des fonds publics ,provenant des contribuables haïtiens ,soient ainsi dilapidés au service d’un processus unilatéral et illégal.» peut-on lire dans la note signée par le porte-parole de la structure, Renois Jonathan.
Par ailleurs, l’organisation de vigie citoyenne en a profité pour rappeler que même le Président du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Fritz Alphonse Jean a exprimé à plusieurs reprises des réserves quant à la méthode de mise en œuvre de ce processus référendaire, tout en laissant entendre que le processus est exclusivement piloté par le gouvernement.
Depuis que la réforme constitutionnelle est engagée du côté du gouvernement de transition, nombreux sont ceux qui expriment leur désaccord face à ce qu’ils considèrent comme un guet-apens politique. Dans un contexte marqué par l’aggravation de la crise sécuritaire dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince ainsi que dans d’autres villes de province, ils appellent les autorités concernées à se prioriser le rétablissement de la sécurité pour ensuite organiser les élections libres.