Port-au-Prince, 20 août 2026 (Presslakay) — Alors qu’Haïti tente de reconstituer une armée dissoute depuis plus de trois décennies, le ministre de la Défense, Mario Andrésol, a fixé un objectif chiffré ambitieux : porter les effectifs des Forces armées d’Haïti (FAd’H) à 15 000 militaires d’ici cinq ans. L’annonce a été faite mercredi lors d’un entretien avec le chargé d’affaires de France en Haïti, Grégoire Varenne, consacré au renforcement de la coopération militaire bilatérale.
Une coopération déjà engagée depuis 2024
La France accompagne la reconstruction des FAd’H depuis la fin de l’année 2024, à travers un dispositif de formation basé en Martinique. Sept cohortes de soldats haïtiens y sont déjà passées, selon le bilan dressé mercredi par le chargé d’affaires français — un chiffre qui illustre la montée en puissance progressive de cette coopération, deux ans après son lancement.
Au-delà de la formation des troupes, les échanges ont porté sur l’équipement des FAd’H. Plusieurs catégories de matériels adaptés aux réalités opérationnelles du pays ont été identifiées comme prioritaires, sans que le ministère ne détaille leur nature exacte à ce stade.
Miser sur l’encadrement : bourses, Sorbonne et grades supérieurs
Au-delà des effectifs, Port-au-Prince veut aussi professionnaliser sa chaîne de commandement. Le ministère envisage d’octroyer des bourses à des officiers haïtiens pour des formations spécialisées de haut niveau, notamment ceux appelés à accéder au grade de lieutenant-colonel, avec un accent sur l’enseignement militaire, la stratégie et l’industrie de défense.
Fait notable : Andrésol souhaite voir des cadres des FAd’H intégrer le Master 2 « Stratégies industrielles et politiques publiques de défense » (SIPPD) de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, un programme coorganisé avec la Direction générale de l’armement (DGA) française — signe d’une volonté d’ancrer la formation des officiers haïtiens dans un cursus universitaire de haut niveau plutôt que dans le seul entraînement de terrain.
La suite attendue avec la visite d’un major général
Les deux parties doivent poursuivre ces discussions lors d’une prochaine visite en Haïti d’un major général français, qui devrait permettre de traduire ces orientations en engagements plus concrets sur la formation et l’équipement des FAd’H.
Cette relance de la coopération militaire franco-haïtienne intervient dans un contexte où Haïti cherche à se doter d’une force nationale capable, à terme, de peser face à l’insécurité qui continue de fragiliser de larges portions du territoire.