Par Amos Cincir:
Il y a des victoires qui se contentent de briller. Par ricochet, il y a celles qui cicatrisent une mémoire, redressent un peuple, et rappellent au monde entier que ce pays que l’on croit fragile porte en lui une vieille indocilité volcanique et indomptable. Bonne nouvelle pour la première Nation noire libre et indépendante du monde.
Au TAIPEI International Culinary Challenge en République de Chine (Taïwan), qui a reuni 700 chefs venus de 13 pays du monde se livrent un ballet aseptisé sous l’œil glacial des chefs Michelin et des grands prêtres du Bocuse d’Or. Personne, absolument personne n’attendait pas HAÏTI à cet événement international. Encore moins trois jeunes femmes haïtiennes. Encore moins un choc culturel a servi dans une porcelaine immaculée.
Assiette posée. Un silence forcé et un égo roussi, HAÏTI atrache dignement une Médaille.
La main ferme de cette victoire ? Il s’agit de la jeune guerrière Abigaëlle CLAUDE, diplômée de cette École Hôtelière d’Haïti que beaucoup traitent comme une rumeur nostalgique. Mais TAIPEI l’a goûtée, cette «rumeur». Elle brûlait, elle étonnait, et elle s’imposait fièrement. Une saveur de ce pays qui refuse de mourir.


Étudiante en Management science et finance à TAÏWAN, Abigaëlle CLAUDE ne cuisine pas seulement des plats. Elle cuisine des trajectoires, des avenirs, et des silences gênés chez ceux qui doutent encore de la puissance d’HAÏTI
Et son menu ? Ce n’était pas une dégustation. C’était une déclaration de territoire à travers une Velouté de citrouille façon Soup Joumou symbolisant la liberté en version liquide, chaude, et indocile. Le Riz djondjon & agneau créole représentant un terroir entier encapsulé dans un parfum délicieux. Des Betteraves en éclat, prouvant que la simplicité peut être un coup de massue. Et un Rhum Cake Ponmkèt au kremas présentant la douceur qui vous désarme avant de vous conquérir.
Le verdict ? Une médaille de Bronze pour HAÏTI. Mais un bronze qui résonne comme un CANON, car personne du concours n’imaginait qu’HAÏTI pouvait entrer dans cette arène pour dominer, pas simplement pour participer.
Et Abigaëlle CLAUDE ne marchait pas seule.
Elle avançait entourée de Lucrecia RICHARD, future ingénieure en durabilité, dont la rigueur ferait pâlir un laboratoire scandinave ; et Dorothy Schesly JOURDELAN, la stratège industrielle, qui agit avec une précision chirurgicale, et un esprit méthodique.
Trois femmes. Trois boursières. Trois éclairs dans un ciel qui se croyait à l’abri. Elles n’ont pas «REPRÉSENTÉ » HAÏTI. Elles l’ont incarné. Elles l’ont posé sur la table, brûlant, fier, indiscutable, et le jury, surpris, n’a pu qu’applaudir.
Sachant qu’on débat encore de l’avenir d’HAÏTI sur les réseaux sociaux, ces trois jeunes femmes ont choisi une autre voie. Elles ne commentent pas l’avenir. Elles le fabriquent. Elles le mijotent. Et
Elles l’assaisonnent à leur manière.
Et ce qu’elles ont servi à TAIPEI n’est pas simplement qu’un menu. C’est un rappel puissant et historique. Une mise au point. Une braise dans la gorge d’un monde qui nous sous-estime depuis trop longtemps. L’étonnement était brûlant à digérer.
Quand HAÏTI entre dans la cuisine du monde, ce n’est pas pour suivre la recette. C’est pour réinventer le goût. Et laisser une trace qui ne s’oublie pas.
Bravo à Abigaëlle CLAUDE, Lucrecia RICHARD, et à Dorothy Schesly JOURDELAN. Vous n’avez pas simplement remporté une médaille. Vous avez offert un symbole.
Une preuve et une montée en température, car HAÏTI n’a jamais cessé d’exister. Grâce à vous, HAÏTI recommence à se faire sentir tranquillement. Et le monde, cette fois-ci l’a encore goûté par notre art culinaire.
Amos CINCIR
Serviteur de l’Empire d’Hayti-Afrique
Ambassadeur du Royaume
28 Novembre 2025