Accusant trois membres du Conseil Présidentiel de transition de lui avoir soudoyé alors qu’il était encore Président du Conseil d’administration de la Banque Nationale de Crédit (BNC), Raul Pierre-Louis n’arrive toujours pas à s’entendre avec l’ULCC engagée à faire la lumière sur le dossier de corruption qui éclabousse la structure politique de neuf membres.
Plus d’un mois après que le scandale de corruption impliquant les Conseillers Présidentiels Dr Louis Gérald Gilles (de l’Accord du 21 Décembre), Smith Augustin (de la coalition RED, EDE et Compromis Historique) et Emmanuel Vertilaire (représentant de la Plateforme politique Pitit Desalin) a éclaté au grand jour, aucune décision n’est encore prise quant à savoir si les accusés seront écartés de la structure politique en charge du pays, ou s’ils demeureront à leur place.
Si des luttes se mènent au niveau des secteurs concernés, les accusés entendent bien rester à leur poste malgré les appels incessants de certaines personnalités de la classe politique et d’autres secteurs de la vie nationale.
Pour faire la lumière sur le dossier accablant, le Premier Ministre, Dr Garry Conille avait sollicité une enquête auprès de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) et en même temps, écarté Raul Pierre-Louis de son poste de Président sortant du Conseil d’administration de la Banque Nationale de Crédit (BNC).
Alors que l’enquête avance, l’entité qui lutte contre la corruption qui gangrène l’administration publique avait invité les Conseillers Présidentiels indexés à répondre aux accusations. Elle avait aussi sollicité la présence de l’ancien responsable de la banque publique. Cependant, ce dernier avait jugé bon de bouder l’invitation pour des raisons que ses avocats avaient avancées dans une correspondance adressée à l’ULCC.
Sommé une deuxième fois par l’Unité de Lutte Contre la Corruption pour confronter ce mardi les membres du Conseil Présidentiel qu’il a accusé, l’ex Président du Conseil d’administration de la BNC a encore boudé l’invitation, restant ferme sur sa décision de ne pas se présenter en face de Hauts cadres de la fonction publique.
Une position qu’il entend bien garder et que ses avocats avaient expliquée dans une correspondance adressée à l’organisme qui lutte contre la corruption. Ces derniers avaient fait savoir qu’au moment où M. Pierre-Louis avait accusé les trois Conseillers Présidentiels, il avait un statut de « haut fonctionnaire dans l’administration publique » relativement au même titre que ceux qu’il avait indexés. Après son retrait à la tête de la banque publique, il n’est nullement question pour lui de se présenter face à eux.
À rappeler que le dossier de corruption impliquant trois membres du Conseil Présidentiel de transition avait éclaté quand l’ancien responsable de la Banque Nationale de Crédit (BNC) avait demandé au chef du gouvernement, dans une lettre qu’il lui avait adressée, de renforcer sa sécurité. Il avait expliqué que les trois concernés susmentionnés lui avaient sollicité un montant de 100 millions de gourdes pour le reconduire à la tête de la banque publique.
Depuis, l’affaire accablante fait couler beaucoup d’encre et discrédite davantage un Conseil Présidentiel de transition le plongeant dans une crise entravant le fonctionnement de la structure politique appelée à résoudre la crise multidimensionnelle qui sévit actuellement dans le pays.