Déportation massive d’Haïtiens : la RD rejette les accusations de racisme et des violations des droits humains

Déportation massive d’Haïtiens : la RD rejette les accusations de racisme et des violations des droits humains

Face aux maintes accusations des dirigeants haïtiens et des organisations des droits de l’homme qui dénoncent les mauvais traitements subis par les ressortissants haïtiens au moment de leur déportation, le gouvernement dominicain a réitéré son rejet de ces allégations devant la communauté internationale.

Alors que le rapatriement massif des migrants haïtiens se poursuit en République Dominicaine, ce sont plusieurs milliers de ressortissants haïtiens qui sont déjà refoulés vers la frontière. Pendant ce temps, les autorités concernées entendent leur fournir assistance et en profitent également pour dénoncer ouvertement le processus initié par les dirigeants de l’autre côté de l’île. Elles accusent ces derniers de racistes et estiment que la déportation massive se fait dans des conditions flagrantes de violations de droits humains.

Face aux accusations portées par les autorités haïtiennes, le Ministère dominicain des Affaires étrangères a fait savoir vendredi que le gouvernement dominicain a réitéré son rejet quant à ces dernières devant la communauté internationale. La chancellerie dominicaine a assuré dans le pays il n’y a pas de politique d’État visant à discriminer, à promouvoir la xénophobie et encore moins à maltraiter les personnes de n’importe quelle nationalité.

Parallèlement, le Ministère dominicain des Affaires étrangères a affirmé que le gouvernement dominicain s’engage à donner la priorité à la promotion et à la protection des droits de l’homme, tant au niveau national qu’international et, par conséquent, qu’il prend très au sérieux toute plainte liée à ces questions.

« Le gouvernement haïtien et la communauté internationale connaissent très bien les efforts que nous avons déployés pour ramener Haïti à la normale. Ils connaissent également l’impact qu’une croissance incontrôlée des migrations a sur l’économie et la stabilité d’un pays. Mais jusqu’à présent, nous n’avons reçu aucun signe d’intérêt de la part de ces deux secteurs pour soutenir nos efforts visant à parvenir à une meilleure gouvernance. Cependant, nous savons ce que nous devons faire pour garantir notre stabilité », a-t-il souligné.

Par ailleurs, la chancellerie dominicaine qui se penche sur la question de la migration a indiqué que le flux migratoire d’Haïti vers la République Dominicaine ne cesse d’augmenter depuis les années 1980. Il a aussi rappelé que c’est bien pour cette raison que les deux pays qui partagent l’île d’Haïti ont signé un protocole d’accord sur les mécanismes de rapatriement en 1999.

« Le Gouvernement haïtien a reconnu que nous avons le droit légitime de rapatrier les citoyens haïtiens sans papiers sur notre territoire et, par conséquent, s’est engagé à établir des postes de contrôle de l’immigration le long de la frontière Haïtiano-Dominicaine » a fait savoir le Ministère dominicain des Affaires étrangères

« Depuis l’arrivée du Président Luis Abinader, il a été décidé de mettre en œuvre une politique de Bon Voisinage envers Haïti basée sur trois axes essentiels : le dialogue, le respect mutuel et la solidarité entre les deux États et, par conséquent, une des premières mesures prises a été d’approcher le gouvernement haïtien. Cela a conduit le président à rencontrer le 10 janvier 2021 à la frontière son homologue, Jovenel Moïse, et ensemble ils ont proposé une déclaration en neuf points établissant un véritable programme de collaboration », a-t-il poursuivi.

La Chancellerie dominicaine a également ajouté que l’agenda convenu par les deux dirigeants a été tronqué avec l’assassinat de Moïse en juillet 2021, marquant une détérioration de la sécurité en Haïti, et conduisant à une augmentation nette du flux migratoire vers la République Dominicaine.

« Ce qui nous a donc conduit à faire face à une pression économique insoutenable sur les services publics offerts gratuitement tels que la santé et l’éducation » a-t-elle noté

Plus loin, le Ministère dominicain des Affaires étrangères a dit qu’il constate avec regret que les responsables haïtiens, au lieu de renforcer leurs efforts pour faire face à la crise haïtienne afin que cessent les causes endogènes de l’émigration, ils se concentrent plutôt sur le harcèlement et la dénonciation des actions du gouvernement dominicain en application de son cadre réglementaire, qui a été reconnue comme légitime par l’État haïtien lui-même.

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