Suite à sa révocation par le Conseil Présidentiel de transition, Dr Garry Conille a fait savoir que cette décision constitue un abus de pouvoir et une fortaiture qui porte atteinte aux principes fondamentaux de notre démocratie.
Selon un arrêté daté du lundi 11 octobre 2024, Dr Garry Conille n’est plus le chef du gouvernement. Depuis vendredi, une résolution a été signée par tous les membres du Conseil Présidentiel de transition, excepté Edger Leblanc Fils, pour écarter de la Primature l’ancien fonctionnaire des Nations Unies. Ce n’est que dimanche après-midi que l’arrêté en passe d’être publié au journal officiel Le Moniteur a officialisé cette décision, faisant suite à plusieurs semaines qu’a duré un bras de fer entre les deux branches de l’exécutif.
Suite à cette décision prise par huit Conseillers présidents, le chef du gouvernement sortant a réagit. Le locataire de la Primature a souligné que la résolution prise par les membres du Conseil Présidentiel de transition contrevient directement à la fois à la Constitution et aux textes qui régissent la période de transition.
“L’article 158 de notre Constitution stipule que le Premier Ministre est responsable devant le Parlement, et que seule une démission ou une motion de censure du Parlement peut entraîner la fin de ses fonctions. En aucun cas, le Conseil Présidentiel, même dans le cadre de ses fonctions transitoires, ne peut se substituer au Parlement ni exercer un pouvoir qui ne lui a pas été attribué.” a-t-il expliqué.
“De plus, bien que le Conseil Présidentiel ait la prérogative de nommer le Premier Ministre, aucun texte légal ne lui confère le pouvoir de le renvoyer. L’Accord du 3 avril et le Décret du 27 mai 2024, qui organisent la transition, définissent clairement les procédures de gouvernance, mais ils ne permettent en aucune manière au Conseil de mettre fin unilatéralement aux fonctions du Premier Ministre.” a poursuivi Garry Conille.
Depuis vendredi dernier, lors d’une réunion entre les Conseillers Présidents et Dr Garry Conille, ce dernier a été informé par une résolution signée progressivement par les membres du panel présidentiel, notifiant sa révocation. Des sources proches du gouvernement allaient quelques temps après indiquer que son remplaçant est l’homme d’affaires Alix Didier Fils-Aimé. Ce qu’a confirmé l’arrêté qui sera probablement publié ce lundi
Malgré la décision prise par le CPT, Dr Garry Conille a assuré qu’il reste déterminé à continuer à travailler de manière constructive en faveur de la paix et de la stabilité en Haïti et à soutenir tous les efforts visant à restaurer la paix et à assurer une gouvernance démocratique, transparente et inclusive dans le pays.
Il faut souligner que la révocation du chef du gouvernement intervient dans un contexte où la transition politique semble mal embarquée, faisant face constamment à des conflits entre les deux branches de l’exécutif.
Entre-temps, la crise multidimensionnelle qui sévit dans le pays se dégénère à cause de l’aggravation de la crise sécuritaire. Un peu partout dans la capitale haïtienne et dans d’autres villes de province, les gangs armés criminels imposent leurs lois alors que la population civile subi les violences.
Les dernières données fournies par l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) indiquent que plus de 700 000 personnes sont déplacées. La grande majorité de ces déplacés internes sont contraints de vivre dans des centres d’hébergements provisoires. D’un autre côté, les déportations massives se poursuivent au niveau de la frontière Haïtiano-Dominicaine pendant que les ressources manquent pour porter assistance aux compatriotes rapatriés