Alors qu’il se trouve au Chili dans le cadre de sa tournée latino-américaine en marge du G20, le Président français Emmanuel Macron s’est brièvement prononcé sur le cas d’Haïti avec des propos qui ont suscité la polémique.
Attendu jeudi à Valparaison, devant le congrès chilien, pour prononcer son discours, le Président français Emmanuel Macron s’est mis une nouvelle fois au cœur d’une vive polémique. Interpellé par un Haïtien qui voulait lui rappeler le rôle de la France dans la décadence d’Haïti, le chef de l’État français ne s’est pas fait prier pour critiquer ouvertement les Haïtiens sur la gestion du pays, et ses dirigeants qu’il a traité de “cons” après avoir remplacé le Premier Ministre, Dr Garry Conille.
« Franchement, ce sont les Haïtiens eux-mêmes qui ont tué Haïti. En laissant le narcotrafic… Et là regardez ce qu’ils ont fait: le premier ministre (Garry Conille) était super, je l’ai défendu, ils l’ont viré. C’est terrible ! Moi je ne peux pas le remplacer. Ils sont complètement cons. Ils n’auraient jamais dû le sortir (le révoquer). Le Premier ministre était formidable », a-t-il dénoncé.
Le chef de l’État de l’Hexagone, en bras de chemise, a été filmé en train de parler d’Haïti sans langue de bois. Ses propos jugés “agaçants”, par certains, n’ont pas manqué de fouetter l’orgueil d’une population haïtienne qui fait face quotidiennement aux violences perpétrées par les gangs armés criminels.
Il faut rappeler que l’ancien locataire de la Primature que défend M. Macron a été révoqué par le Conseil Présidentiel de transition à la suite d’un bras de fer entre les deux branches de l’exécutif qui a failli mettre en déroute la transition politique.
L’homme d’affaires Alix Didier Fils-Aimé a été nommé puis installé en lieu et place du Dr Garry Conille. Une décision pour laquelle le Quai d’Orsay avait timidement pris note. Il n’avait pas condamné le limogeage de l’ancien fonctionnaire des Nations Unies ni applaudi son successeur.
« La France appelle l’ensemble des acteurs politiques haïtiens à poursuivre les priorités de la transition politique : le rétablissement de la sécurité, l’organisation des élections et la lutte contre la corruption et l’impunité. La France se tient aux côtés d’Haïti et poursuivra son soutien à la population haïtienne », avait écrit la Présidence française.