Alors que la crise politique s’intensifie au Canada, l’opposition a attesté la faiblesse du gouvernement libéral et a catégoriquement rejeté l’idée du président américain élu, Donald Trump, de faire du pays de l’Amérique du Nord le 51e État américain.
Deux jours après l’annonce de la démission du Premier ministre canadien, Justin Trudeau, c’est une opposition politique beaucoup plus confiante qui se met au devant de la scène. Elle critique davantage les politiques publiques mises sur pied par le gouvernement libéral dans un contexte où les élections législatives sont impatiemment attendues.
Comme chef de file d’un mouvement qui s’organise, le leader de l’opposition officielle et candidat au poste de Premier ministre, Pierre Marcel Poilievre ne s’est pas fait attendre pour attester la faiblesse du camp adverse et étaler ses plans d’actions pour contrecarrer les projets du président américain élu, Donald Trump, de faire du Canada le 51e État américain.
« Le Canada ne sera jamais le 51e État. Point à la ligne. Nous sommes un grand pays indépendant. Nous avons dépensé des milliards de dollars et perdu des centaines de vies pour aider les Américains à riposter aux attaques d’Al-Qaida le 11 septembre. Nous fournissons aux États-Unis des milliards de dollars d’énergie de haute qualité et totalement fiable, bien en dessous des prix du marché. Nous achetons des centaines de milliards de dollars de produits américains. » a déclaré Poilievre.
« Notre gouvernement Libéral, faible et pathétique, n’a pas réussi à faire valoir ces points évidents. » a ajouté l’homme d’affaires dans une publication sur son compte X.
Les déclarations du leader de l’opposition officielle au Canada font suite à l’annonce de la démission du Premier ministre canadien Justin Trudeau qui se trouve davantage confronter à une crise politique au sein de son parti libéral. Ces partisans lui reprochent, entre autres, d’êtres trop compatissant envers le prochain président américain alors que celui-ci menaçait d’imposer un tarif de 25% sur les produits canadiens.
Afin d’éviter une guerre commerciale avec les États-Unis, le chef du gouvernement canadien démissionnaire s’était rendu en Floride, en novembre dernier, pour rencontrer Trump dans sa propriété de Mar-a-Lago. Une décision qui n’avait pas plu à d’autres membres influents du parti libéral, dont la vice-première ministre, Chrystia Freeland, qui avait même remis sa démission par la suite.
Depuis, le prochain locataire de la Maison Blanche n’a cessé de porter des coups humiliants au Premier ministre Trudeau notamment sur les réseaux sociaux où il prend plaisir à l’appeler « gouverneur » du Canada, et prône l’idée de faire du pays voisin « le 51e État américain » dans le but de contrer la Chine et la Russie. Une proposition que le chef du gouvernement canadien a catégoriquement rejeté mardi dans une publication sur son compte X.
« Jamais, au grand jamais, le Canada fera partie des États-Unis. Les travailleurs et les communautés de nos deux pays bénéficient qu’on soit l’un pour l’autre le plus grand partenaire commercial et en matière de sécurité. » a déclaré Trudeau.
Alors qu’il est à 20 points d’avance sur son rival au pouvoir avant l’organisation des prochaines élections fédérales canadiennes qui doivent avoir lieu au plus tard le 20 octobre 2025, le leader du parti conservateur s’est montré comme une véritable figure de proue du mouvement nationaliste généré suite à l’idée de Trump qui déterminera probablement le choix du prochain Premier ministre canadien.
« Je me battrai pour le Canada. Lorsque je serai Premier ministre, nous reconstruirons notre armée et reprendrons le contrôle de la frontière pour sécuriser le Canada et les États-Unis. Nous reprendrons le contrôle de l’Arctique pour empêcher la Russie et la Chine d’y pénétrer. » a-t-il dit.
« Nous couperons les taxes et les impôts, réduirons les formalités administratives et donnerons rapidement le feu vert à des projets d’exploitation massive des ressources afin de ramener les chèques de paie et la production dans notre pays. En d’autres termes, nous mettrons le Canada d’abord. » a fait valoir Poilievre.
Il faut noter que Pierre Marcel Poilievre, 45 ans, est un expert-conseil en communications, homme d’affaires et homme politique canadien. Il est actuellement chef du Parti conservateur du Canada et chef de l’opposition officielle depuis le 10 septembre 2022.
Poilievre est aussi député à la Chambre des communes de la circonscription ontarienne de Carleton depuis 2015.