Haïti : le CPT annonce la dissolution de la CNDDR

Haïti : le CPT annonce la dissolution de la CNDDR

Quelques jours seulement après que le Conseil Présidentiel de Transition ait renforcé la CNDDR en y ajoutant deux autres membres, la structure présidentielle a annoncé sa dissolution, évoquant une perte de confiance généralisée à l’égard de l’institution.

Depuis que la Commission Nationale de Désarmement, de Démantèlement et de Réinsertion (CNDDR) a été renforcée mercredi par deux nouveaux membres dont son ancien porte-parole, Jean Rebel Dorcenat, nombreux sont ceux qui appellent le Conseil Présidentiel de transition (CPT) à retourner sur sa décision.

Les protestataires dénoncent non seulement l’organisme qui n’a toujours pas répondu aux attentes alors qu’il est chargé de désarmer des bandits criminels, mais aussi le retour de son ancien responsable, qualifié par certains de protecteur des gangs armés.

En réaction aux critiques acerbes à l’égard de l’organisme nouvellement renforcer et mis sur pied il y seulement quelques mois, le Conseil Présidentiel de transition a annoncé vendredi sa dissolution.

« Nous informons qu’une résolution a été adoptée en vue de la dissolution de la Commission Nationale de Désarmement, de Démantèlement et de Réinsertion (CNDDR) », a écrit la structure présidentielle dans une note.

Selon le CPT, cette décision s’inscrit dans un contexte marqué par une perte de confiance généralisée à l’égard de l’institution chargée de désarmer des individus lourdement armés, dont plusieurs membres font l’objet de graves accusations.

« Nous avons décidé de procéder ainsi après que certains membres de l’organisme sont accusés d’avoir des liens présumés avec les bandits armés qui terrorisent quotidiennement la population haïtienne. Des accusations graves qui remettent en cause leur impartialité et leur intégrité » a fait savoir une source au niveau du Conseil Présidentiel de transition.

Cette décision du panel présidentiel intervient quelques heures après que le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) a adressé une correspondance à la structure présidentielle pour lui faire part de son inquiétude croissante suite au retour de Jean Rebel Dorcenat au sein de l’organisme gouvernementale.

Dans sa correspondance adressée vendredi après-midi aux membres du Conseil Présidentiel de transition, l’organisme des droits humains a dénoncé le choix de l’ancien porte-parole de la CNDDR, et a rappelé que ce dernier est perçu comme proche du chef de gang Jimmy CHÉRIZIER, alias Barbecue.

La décision du panel présidentiel intervient aussi après que le responsable de la frange minoritaire au sein de l’Accord du 21 Décembre, Me. André Michel, a également dénoncé le retour de Jean Rebel Dorcenat au sein de la Commission Nationale de Désarmement, de Démantèlement et de Réinsertion (CNDDR). L’homme de loi a même soutenu que ce choix démontre clairement l’engagement de l’État à négocier avec les gangs de la coalition criminelle Viv Ansanm.

« Le retour de Jean Rebel Dorcénat à la CNDDR est la preuve que les plus hautes autorités de l’Etat s’engagent dans des négociations avec les Gangs de la Coalition criminelle Viv Ansanm qui ont assasiné,violé,humilié, kidnappé et appauvri des dizaines de milliers de familles dans note Pays.» a écrit Michel.

Par ailleurs, le Conseil Présidentiel de transition a souligné qu’il est indispensable de mettre en place une nouvelle structure de désarmement à l’abri de toute suspicion et apte à répondre efficacement aux exigences sécuritaires de l’heure.

Par conséquent, la structure présidentielle de neuf membres a annoncé que des consultations seront menées dans un bref délai auprès des secteurs concernés, notaire les organisations de la société civile et des personnalités de la vie nationale.

Il faut aussi souligner que la décision du gouvernement de transition de dissoudre la Commission Nationale de Désarmement, de Démantèlement et de Réinsertion (CNDDR) survient quelques heures après que l’administration Trump aux États-Unis a qualifié les gangs armés de la coalition criminelle Viv Ansanm ainsi que le gang Gran Grif dans l’Artibonite comme des « organisations terroristes transnationales ».

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