Port-au-Prince, 6 avril 2026 — Six personnes enlevées dans la localité de Bab Pagnol, dans la commune de Jean-Rabel, ont été libérées après une mobilisation conjointe de la Police nationale d’Haïti (PNH) et d’habitants de la zone, a annoncé dimanche la Direction de communication de la police (Dicop). L’affaire s’est soldée par le lynchage de cinq présumés kidnappeurs par des membres de la population.
Selon le communiqué policier, le Centre départemental de renseignements et d’opérations (CDRO) a informé la PNH, le 3 avril 2026, d’un enlèvement survenu à Bab Pagnol, dans le département du Nord-Ouest. Six personnes avaient alors été prises en otage par des individus non identifiés. Des agents de la police ont aussitôt été dépêchés sur les lieux pour retrouver les victimes.
À leur arrivée, les policiers ont lancé une opération appuyée par la communauté locale. La détermination des agents et l’appui des habitants ont permis la libération des six otages, qui ont pu regagner leurs domiciles sains et saufs. Les forces de l’ordre ont ensuite maintenu leur présence dans la zone afin de prévenir toute nouvelle flambée de violence et de sécuriser la localité.
La police a toutefois déploré la mort de cinq présumés ravisseurs, affirmant qu’ils ont subi « la fureur de la population ». Cette issue brutale illustre une nouvelle fois la tension extrême qui règne dans certaines régions du pays, où l’exaspération face à l’insécurité pousse parfois des habitants à se faire justice eux-mêmes.
Cette affaire intervient dans un contexte de dégradation continue de la situation sécuritaire en Haïti, marquée par la multiplication des enlèvements, des attaques armées et des actes de représailles populaires. Dans plusieurs communes, la faiblesse de la présence de l’État et la peur permanente nourrissent un climat explosif, où chaque intervention contre des ravisseurs présumés peut rapidement dégénérer en représailles meurtrières.
Si la libération des six victimes constitue un soulagement pour leurs proches et pour la communauté de Jean-Rabel, la mort des cinq présumés kidnappeurs rappelle la gravité de la crise sécuritaire haïtienne, où la frontière entre maintien de l’ordre et vengeance populaire devient de plus en plus fragile.