À cause du manque de soutien auquel fait face la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MMS), le Kenya qui dirige cette dernière sur le sol haïtien envisage de se retirer. C’est ce qu’a prévenu ce jeudi le Président du pays d’Afrique de l’Est, William Ruto.
Alors que la crise sécuritaire continue de s’aggraver dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince ainsi que dans d’autres villes de province, plus d’un se demandent : que fait la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité ? Si cette Force Multinationale, approuvée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies, puis reconduite dans le pays pour une année supplémentaire, a été appelée pour résoudre la crise sécuritaire au côté de la Police Nationale d’Haïti (PNH), il semble que la Mission peine à répondre efficacement aux exigences sécuritaires de l’heure.
Un an, après le déploiement des premiers contingents de policiers kenyans affectés à la Mission Multinationale d’Appuie à la Sécurité (MMAS), celle-ci n’a toujours pas repris le contrôle du moindre territoire occupé par les gangs armés terroristes. Bien au contraire. La situation se détériore au point où la liste des territoires perdus s’allongent malgré la présence des policiers et militaires affectés à la Force Multinationale.
Dans une lettre adressée au président du Conseil, Mohamed Irfaan Ali, et au secrétaire général de l’ONU, António Guterres, le président kenyan William Ruto a averti que son pays pourrait « revoir son engagement » envers la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS) en souffrance en Haïti. Le chef de l’État du pays d’Afrique de l’Est a expliqué cette dernière décision en avançant le manque de soutien de la communauté internationale.
« Nous sommes obligés de revoir notre engagement compte tenu de l’échec massif de la communauté internationale à respecter ses engagements.», a écrit Ruto aux responsables de l’ONU, appelant à une décision urgente avant l’expiration du mandat actuel de la mission.
À quatre mois d’un éventuel renouvellement [pour la seconde fois] de la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MMS) en Haïti, la Force Multinationale n’a toujours pas mener des opérations de grandes envergures visant à démanteler les réseaux terroristes qui prennent d’assaut 85% de la région métropolitaine de Port-au-Prince. Selon le Président kenyan Ruto, cela est dû au manque criant de ressources.
« Moins de 40 % du personnel promis a été déployé et que seulement 11 % du financement nécessaire pour la première année a été reçu, soit 68 millions de dollars décaissés sur les 600 millions de dollars estimés » a-t-il déclaré, estimant que face à cette situation son pays n’est pas en mesure de continuer à diriger l’opération.
Ruto a aussi averti que les contrats clés pour les opérations logistiques de la mission sont sur le point d’ expirer et que sans directives claires du Conseil, le Kenya qui a progressivement déployé ses policiers dans la nation des Caraïbes, se trouvera dans l’obligation de se retirer.
Cette intervention du Président kenyan William Ruto auprès du président du Conseil, Mohamed Irfaan Ali, et du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, intervient exactement un an après que le pays d’Afrique de l’Est a déployé ses unités dans le cadre de la mission de sécurité. Depuis, les critiques récurrentes vont à l’encontre de cette Force Multinationale qui a pour principale mission de soutenir la Police Nationale d’Haïti (PNH) dans la lutte contre le grand banditisme.