Kenya : des appels à la réforme de la police se multiplient

Kenya : des appels à la réforme de la police se multiplient

Deux jours après la répression sanglante des manifestations du Saba Saba, journée historique de lutte pour la démocratie, la colère ne retombe pas au Kenya contre les forces locales. Plusieurs organisations appellent à la réforme de la police dans ce pays d’Afrique de l’Est.

Chaque mouvement populaire qui prend forme dans les rues de Kenya laisse entrevoir davantage la brutalité insoutenable dont fait preuve la police locale. Lors de la journée historique de lutte pour la démocratie, commémorée chaque 7 juillet, la population kenyane avait une fois de plus foulé le macadam pour protester contre les mauvaises politiques du gouvernement.

Dans des vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux, on peut voir le chaos généré par une répression sanglante des manifestations, plus précisément dans la périphérie de la capitale, Nairobi. À Ngong, l’un des épicentres, des affrontements ont éclaté entre les forces de l’ordre et les habitants.

Des morts et des blessés

Selon la commission nationale des droits humains, les violences ont fait au moins 31 morts (25 selon Amnesty International, dont deux enfants). L’organisation a aussi évoqué plus de 200 blessés. Une situation qui perturbe l’Organisation des Nations Unies.

Si la Police a trouvé une méthode jugée peu « conventionnelle » pour mater les mouvements populaires dans la nation d’Afrique de l’Est, ONG, experts et citoyens réclament désormais une réforme en profondeur de la force.

Selon plusieurs témoins qui ont pris part aux mouvements de mobilisation, la police a collaboré avec des milices armées pour brutaliser davantage la population civile qui ne fait que réclamer des meilleures conditions de vie.

Que cela cesse !

Faisant face à des accusations graves, relayées par Amnesty International, qui dénonce l’usage de balles réelles et de gaz lacrymogènes dans des zones densément peuplées, la Police kenyane est davantage critiquée au point où l’on appelle à sa réforme.

« Lorsqu’il y a des opérations policières dans des quartiers résidentiels, il faut une autre stratégie. On a vu trop de tirs à balles réelles, trop de gaz lacrymogènes lancés dans les habitations. Et cette montée des milices – de jeunes armés qui s’en prennent aux manifestants et aux commerces – c’est illégal, que cela cesse », a dénoncé Irungu Houghton, le directeur exécutif d’Amnesty Kenya.

Alors que la situation s’aggrave au quotidien dans le pays d’Afrique de l’Est, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU tire la sonnette d’alarme. L’organisme des Nations Unies a dénoncé l’usage de munitions létales par les forces de l’ordre, et appelle à des enquêtes rapides et transparentes, pour faire toute la lumière sur les violences.

À noter que cette même police, dont ses interventions lors des manifestations sont davantage critiquées, est engagée en Haïti au côté de la Police Nationale d’Haïti (PNH) dans le cadre de la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MMS). Si en terre kenyane, on dénonce la force locale engagée dans des répressions sanglantes ; dans la nation des Caraïbes minée par l’insécurité persistante, elle est critiquée pour son inefficacité face à l’aggravation de la crise sécuritaire.

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