Avec l’arrivée imminente d’une nouvelle force appelée à combattre les gangs armés terroristes en Haïti, l’incertitude plane sur l’avenir des policiers kenyans affectés dans la nation francophone des Caraïbes dans le cadre de la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MMS).
Arrivée en fin de mission en Haïti, le Conseil de Sécurité des Nations Unies n’a pas prolongé le mandat de la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MMS) en difficulté en Haïti. Au lieu de cela, le Conseil a approuvé mardi la résolution visant à transformer la mission dirigée par le Kenya par une « Force de répression des gangs », beaucoup plus importante et plus meurtrière. Une décision qui compromet l’avenir de la Force Multinationale dans la nation francophone des Caraïbes.
Depuis que les États-Unis et Panama ont intensifié les plaidoyers en faveur de la transformation de la Mission Multinationale d’Appuie à la Sécurité (MMAS), des questions se posent sur l’avenir des policiers kenyans affectés en Haïti dans le cadre de la Force Multinationale : rejoindront-ils la nouvelle « force de répression des gangs » qui sera mise sur pied grâce à la participation des Etats membres ? Ou retourneront-ils dans leur pays ?
Lors d’une réunion en marge de la 80e session ordinaire de l’assemblée générale de l’ONU, le président kenyan William Ruto avait déclaré que la mission avait « atteint son objectif » en Haïti. Il avait aussi reconnu que le manque d’équipement, de personnel et de ressources entravait sa capacité à contrôler les gangs, profitant de l’occasion pour appeler le Conseil à prendre une décision rapide sur l’avenir de la force dirigée par le Kenya.
Depuis l’arrivée du premier contingent de policiers kenyans en Haïti il y a 15 mois, les gangs armés terroristes ont intensifié leurs violences dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince ainsi que dans d’autres villes de province au point où plus d’une douzaine de quartiers sont tombés aux mains des bandits.
Malgré la présence de la Force Multinationale sur le territoire national, des communes comme Kenscoff, dans l’Ouest ; Marchand, dans l’Artibonite ; et Bassin-Bleu, dans le Nord-Ouest n’ont pas échappé aux exactions des bandits terroristes.
Alors que la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MMS) était appelée à soutenir la Police Nationale d’Haïti (PNH) dans la lutte quotidienne contre le grand banditisme, la Force Multinationale n’a pas répondu efficacement aux exigences sécuritaires de l’heure en raison des manques criants de ressources.
Au préalable, la Mission devrait compter 2 500 policiers, mais a dû se contenter de près de 1 000 policiers issus de la nation d’Afrique de l’Est, ainsi que quelques militaires du Salvador et du Guatemala.