L’événement est d’importance nationale, Andrew Ashton MILORD, 11 ans, jeune adolescent haïtien perdu en Égypte après la mort de sa mère en Avril 2025, avait lancé, il y a quelques semaines, un cri d’alarme sur les réseaux sociaux, implorant de rentrer en HAÏTI, sa terre natale. Et, chose rare, l’État haïtien a entendu.
Ce vendredi 24 Octobre 2025, l’enfant a enfin foulé le sol natal, à l’aéroport international Hugo Chávez du Cap-Haïtien, selon infosjb plus.
Sur les photos officielles, on le voit remis à son grand-père, sous le regard attendri du diplomate Panel LOUIDOR. Un retour discret ? Non. Un événement d’État.



Le pays entier applaudit. La République, dit-on, a « PRIS SES RESPONSABILITÉS », un mot devenu presque exotique sous nos latitudes administratives.
Et, pour marquer l’histoire, on a sorti le grand apparat, communiqué, caméras, rubans, poignées de main et selfies officiels. Parce qu’en HAÏTI, même la compassion obéit au protocole du spectacle.
On rapatrie un enfant, certes, mais on s’assure d’abord que tout soit bien cadré, bien filmé, bien tweeté. «Tout Haytien gen menm valè, lavi chak grenn Haytien konte.»
Superbe déclaration, pleine d’émotions. On espère seulement qu’elle s’applique aussi aux enfants sans nom des camps de déplacés,à ceux que la misère dévore dans l’indifférence, et à ceux qu’aucune caméra n’attend à l’aéroport.
Ne soyons pas injustes, c’est un très beau geste d’humanité. Mais c’est aussi un miroir. Car dans un pays où le simple fait d’agir normalement devient une prouesse diplomatique, la survie relève déjà du miracle.
Un enfant sauvé, c’est bien. Mais un État capable d’en protéger des milliers, ce serait mieux. Pour l’instant, contentons-nous du symbole : un vol, un discours, un hashtag, une émotion nationale.
Oui, bravo. L’État haïtien a prouvé qu’il savait encore bouger quand les projecteurs sont allumés.
Le jour où il agira dans le silence, sans micro ni communiqué, alors seulement, on pourra dire : HAYTI se nou, nou se HAYTI.»
Amos CINCIR
Ambassadeur du Royaume
25 Octobre 2025 | Afrique Centrale