Par Amos Cincir
En HAÏTI, il suffit désormais de parler fort, de hurler «ORDRE et DISCIPLINE », ou de descendre quelques malfrats pour devenir un potentiel «SAUVEUR NATIONAL ». Pendant que le pays agonise, les réseaux sociaux célèbrent le dernier tireur du moment, les salons politiques jouent les stratèges de pacotille, et les vétérans de la morale militaire ressortent leurs galons poussiéreux comme des reliques d’un passé glorieux qui n’a jamais existé.
Bienvenue dans le grand cirque haïtien, le seul endroit au monde où l’amnésie se prend pour la lucidité et où chaque tueur de bandits se rêve président.
LE COLONEL HIMMLER RÉBU : L’ÉTERNEL DONNEUR DE LEÇONS SANS EMPIRE NI HÉRITAGE
Ancien colonel des Forces Armées d’Haïti. Ancien ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (2011–2012) sous l’administration du chanteur dévergondé Michel Joseph MARTELLY. Ancien Secrétaire d’État à la Sécurité Publique (2015) sous l’ancien Premier ministre Evans PAUL, toujours sous la présidence de Sweet Micky. Bref, un CV plus long que son bilan.
Toujours prêt à donner des leçons de «DISCIPLINE NATIONALE », à sermonner un peuple qu’il n’a jamais su protéger, Himmler RÉBU parle d«ORDRE » avec la ferveur d’un PRÉDICATEUR, mais sans jamais avoir bâti le moindre temple de résultat.
Son HÉRITAGE ? Des CONFÉRENCES au ton martial, des INTERVIEWS sentencieuses, des DÉCLARATIONS creuses et un ZÉRO absolu de transformation concrète.
Le colonel Himmler RÉBU s’est mué en MORALISTE à temps plein, PROPHÈTE d’un État qu’il n’a ni sauvé, ni compris. C’est là toute la comédie haïtienne, ceux qui ont échoué hier viennent juger ceux qui échouent aujourd’hui, avec le même aplomb, le même verbe et la même absence de réalisations.
JEAN ERNEST MUSCADIN : LE SHÉRIF TROPICAL OU LA JUSTICE SOUS ADRÉNALINE
Le Commissaire Jean Ernest MUSCADIN, devenu la STAR NATIONALE d’une République orpheline d’autorité, s’est forgé une image de redresseur de torts sans procédure. L’homme n’attend ni mandat ni magistrat, il agit. Et à défaut de justice, il délivre des verdicts à la kalachnikov.
Pour certains, il est un HÉROS. Pour d’autres, un SYMPTÔME ALARMANT d’une Nation tombée amoureuse de sa propre SAUVAGERIE. Sa MÉTHODE ? Tirer d’abord, JUSTIFIER ensuite.
Dans un pays où la LOI est absente, il a fait de la MORT un raccourci vers la GLOIRE POPULAIRE. Il rassure par la peur, et il fascine par la VIOLENCE. C’est la justice sous adrénaline, sans balance, sans code, et sans contre-pouvoir, c’est la justice du désespoir, version western tropical. Mais attention, le héros d’aujourd’hui peut devenir le bourreau de demain.
Quand la LOI se tait et que la BALLE parle, ce n’est plus la République, c’est la jungle. Et dans la JUNGLE, le JUSTICIER devient vite le PRÉDATEUR.
LE PEUPLE DES ÉMOTIONS : ENTRE CULTE DU FUSIL ET ABSENCE DE VISION
Ce qu’il y a de plus TRAGIQUE dans tout cela, c’est le peuple lui-même, ce peuple qui confond FERMETÉ et FÉROCITÉ, COURAGE et CARNAGE, ORDRE et EXÉCUTION SOMMAIRE.
Des citoyens, parfois instruits en HAÏTI et dans la DIASPORA, parfois lucides sur tout sauf sur eux-mêmes, s’enflamment dès qu’un homme tire «AU NOM DU BIEN ». Ils pensent que tuer des bandits suffit à mériter la PRÉSIDENCE.
Mais gérer une NATION n’a rien à voir avec diriger un PELOTON d’EXÉCUTION. Oui, Jean Ernest MUSCADIN a le droit le plus absolu de rêver de la PRÉSIDENCE. Mais le sang versé ne fonde pas une LÉGITIMITÉ politique. Ce n’est pas parce qu’on nettoie une zone qu’on saura nettoyer un SYSTÈME aussi corrompu. L’ÉTAT se bâtit sur des institutions solides, pas sur des cimetières d’improvisation.
HAÏTI n’a pas besoin d’un «NETTOYEUR », mais d’un Chef d’État, un VRAI, avec la VISION d’un Jean-Jacques DESSALINES et la RIGUEUR d’un Henri CHRISTOPHE, capables de tenir tête face aux puissances étrangères et aux élites politiques et économiques compradores déguisées en patriotes.
Mais nous avons troqué la LUCIDITÉ contre l’ÉMOTION, la RÉFLEXION contre le SPECTACLE, et la RAISON contre le FUSIL. Et dans cette FRÉNÉSIE, le peuple devient COMPLICE de sa propre déchéance.
QUAND LES MIRAGES REMPLACENT LA MÉMOIRE
À chaque fois qu’un COLONEL ou un COMMISSAIRE de GOUVERNEMENT crie plus fort que les autres, HAÏTI l’acclame, oubliant que les cris ne reconstruisent pas un pays.
Nous sommes devenus une République de spectateurs, applaudissant des mirages et rejetant la vérité. HAÏTI ne sera pas sauvée par le CANON d’un PISTOLET, ni par le VERBE d’un vieil OFFICIER nostalgique, mais par un sursaut MORAL et INTELLECTUEL, ce RÉVEIL que nous fuyons parce qu’il exige plus que des SLOGANS. Il exige du COURAGE, de la COHÉRENCE, et des SACRIFICES.
Tant que des Himmler RÉBU continueront à SERMONNER sans AGIR, et que des Jean Ernest MUSCADIN seront GLORIFIÉS pour avoir tué sans reconstruire, HAÏTI restera cette scène tragique où les ACTEURS changent mais la PIÈCE reste la même avec la farce du chaos national.
Amos CINCIR
Ambassadeur du Royaume
Serviteur de l’Empire d’Hayti
4 Novembre 2025 | Afrique Centrale