L’ONU met en garde contre les niveaux alarmants de violence sexiste en Haïti

L’ONU met en garde contre les niveaux alarmants de violence sexiste en Haïti

Les Nations Unies ont mis en garde contre des « niveaux alarmants de violence basée sur le genre » en Haïti.

Environ quatre ans après que la situation sécuritaire s’est détériorée en Haïti, plus de 1,4 millions de personnes sont déplacées internes, et contraintes de vivre dans des abris de fortune. Une condition qui les expose davantage aux violences basées sur le genre.

Alors que la situation sécuritaire continue de dégénérer partout en Haïti, les violences sexistes ont atteint une proportion telle dans la nation francophone des Caraïbes que les Nations Unies en sont alarmées.

Le porte-parole des Nations Unies, Stéphane Dujarric, a déclaré que l’organisation mondiale avait reçu un « rapport effroyable » de ses collègues humanitaires concernant Haïti, avertissant que les violences basées sur le genre se multiplient dans la nation francophone de la Communauté des Caraïbes (Caricom).

Dujarric a déclaré qu’entre janvier et septembre de cette année, plus de 7 400 cas de violence sexiste ont été signalés en Haïti, soit une moyenne d’environ 27 par jour, notant également que les personnes à risque ont un accès très limité au soutien essentiel dont elles ont besoin.

« Les violences sexuelles représentaient un peu plus de la moitié des cas, soit environ 3 700, et près des deux tiers d’entre eux étaient des viols collectifs, soit environ 2 500. Deux victimes sur trois étaient des personnes déplacées. » a-t-il indiqué.

« Au cours de la même période, nos partenaires humanitaires n’ont pu atteindre que sept pour cent des 833 000 personnes que nous visons avec un soutien spécialisé pour lutter contre la violence basée sur le genre ; au total, nos partenaires n’ont pu atteindre qu’environ 54 000 personnes », a ajouté Dujarric.

Le porte-parole de l’ONU a souligné que la réponse humanitaire reste gravement sous-financée, et que si ce financement n’est pas reçu, près de 780 000 femmes et filles, y compris les survivantes de violences sexistes et celles à risque, seront privées des services essentiels.

« Avec un déficit global de 13,5 millions de dollars américains, soit 70 % des fonds nécessaires pour cette année, nous ne serons pas en mesure de fournir des services comme la prise en charge clinique du viol, le soutien psychosocial et en santé mentale, la gestion de cas, l’assistance juridique, les espaces sûrs pour les femmes et les filles ainsi que la distribution des kits d’hygiène » a averti le porte-parole de l’ONU.

Parallèlement, Dujarric dit regretté que l’insécurité persistante et les difficultés d’accès continuent d’empêcher de nombreux survivants – notamment les personnes handicapées et les femmes vivant dans des régions éloignées – de recevoir un soutien opportun, confidentiel et adéquat.

Par ailleurs, le porte-parole des Nations Unies a souligné que malgré toutes ces contraintes, les organisations humanitaires continuent d’intensifier leurs services vitaux en Haïti, notamment le soutien psychosocial, les soins médicaux, les espaces sécurisés pour les victimes, les cliniques mobiles, l’assistance juridique et la distribution de kits d’hygiène.

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